Le sommeil de la raison enfante des monstres.

La grave crise que nous vivons ( subissons plutôt ) est une véritable aubaine pour les démagogues de tout-poils. De gauche et de droite. Pour les uns c’est la faute du marché, du libéralisme et du capitalisme, pour les autres, celle d’ américains avides de consommation et de financiers avides de profits.Et tous de taper sur les dirigeants des grandes entreprises, leurs parachutes dorés et autres scandaleuses primes à l’échec. Boucs émissaires en or, si je puis dire, ciblés par un Sarkozy qui n’a pas attendu que l’ultra gauche et la gauche modérée s’en repaissent. Manoeuvre propre, certes, à satisfaire la colère des foules mais qui, en d’autres temps, comme chacun sait, s’est étendue à d’autres catégories de fusibles sociaux pour finir dans la honte et le déshonneur… Entendons nous! Qu’il faille moraliser les revenus des chefs des grandes entreprises, personne ne le  discutera. Qu’il convienne de mettre en place de nouveaux outils et de nouvelles instances de régulation, c’est l’évidence même. Qu’il soit nécessaire de redéfinir les normes juridiques, comptables et financières du capitalisme mondialisé et sanctionner les comportements déviants, bien sur. Mais, ce qui n’est pas tolérable dans la situation actuelle c’est d’ajouter de l’hystérie politique à l’hystérie des marchés et à l’anxiété de nos concitoyens. Le sommeil de la raison enfante en effet ( toujours ) des monstres ( Goya ).

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