Contre-Regards

par Michel SANTO

On fête quoi exactement?

 

Le 10 mai 1981, une foule en liesse, place de la Bastille, croyait qu’enfin « la vie

allait changer ». La vie, que ça ! Une vie qui ne serait plus triste comme les yeux

de celui qui de bonheur parlait. Mais les poètes ont toujours raison et ce soir là

sur cette même place Louis Aragon s’étonnait : « On fête quoi exactement ? ».

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Commentaires (3)

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    raynal

    |

    Oui, mais c’etait beau quand meme…J’etais jeune, j’etais rimbaldien, moi aussi je voulais changer la vie…J’ai cru, de bonne foi, que l’on pourrait y parvenir par l’action politique…Exalté
    que j’etais, je mélangeais un peu(beaucoup…?)lyrisme poétique, aspirations métaphysiques plus ou moins floues, je brassais a pleine bouche tous ces grands principes qui me paraissaient résumer
    la dignité humaine…Justice, solidarité, fraternité…trompettes, violons et grandes orgues.

    Que c’est loin tout cela !Les socialistes, disait je ne sais plus qui, voulaient changer la vie …C’est la vie qui les a changés !

    On célèbre ces jours ci leur imposteur en chef; je ne partage certes pas cette dévotion(un cornard qui se respecte ne doit pas encenser celui qui l’a fait cornu…) mais je ne lui en veux pas
    (plus…?).La fascination pour un gourou est peut etre une étape obligée dans le parcours spirituel et philosophique d’un homme, j’y ai succombé, il fallait sans doute que cela soit pour que mes
    yeux se décillent…C’est sans doute plus ennuyeux pour ceux qui continuent leurs génuflexions, mais après tout c’est leur problème.

    A ce propos, lu ce matin dans Anatole France(bien oublié et comme c’est dommage !)

    ”Les gens etaient mécontents, alors ils l’ont élu…

    Cinq ans après ils etaient mecontents alors ils en elu un autre…

    Ainsi va l’histoire de nos sociétés démocratiques qui, nous le savons bien, n’est jamais que le moins pire des systèmes.

    Un peu de Chateaubriand pour agrandir la perspective…?

    ”La vieillesse est une voyageuse de nuit, la terre lui est désormais cachée, elle ne voit plus que le cièl”

    C’est tout le mal que je te souhaite, a toi, qui au travers du bruit et de la fureur des idéologues de tout poil, sait encore t’émouvoir du retour des martinets.

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    Michel Santo

    |

    Jacques! Que cette ” fête ” ait été organisée par Berger et Pigasse: la mode et internet est déjà en soi tout un symbole ( ne développons pas…). Et puis ceci que l’histoire ne se répète pas ou
    alors sous la forme d’une ” farce ” ( Cf Marx ), ce qui fut le cas ce 10 mai… Pathétique!

    J’avoue aussi n’être pas d’un tempérament festif: je n’y étais donc pas à la Bastille, en 1981. De plus, issue d’une longue tradition familiale communiste, j’ai adopté quasi instinctivement
    la posture du retrait ( mes parents celle du vote révolutionnaire, c’est à dire l’abstention… tu sais la vieille méfiance pour ne pas dire plus envers les ” sociaux démocrates ” )…

    Cela dit , j’en conviens ; faisons avec un système qui sans être parfait est celui qui offre le moins d’inconvénient et ne nous laissons pas distraire de l’essentiel…

    Ce matin, le vent du Nord semble s’installer…C’est mon actualité du jour. Bien à toi

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    raynal

    |

    Tant pis si c’est un peu cabotin mais je voudrais te dire les derniers vers d’un texte écrit par ton serviteur voici déjà plusieurs années…Cela, me semble t’il te donnera une idée de ce que fut
    (et demeure encore un peu) mon etat d’esprit…

    Tu diras c’etait fou mais un pli sur ta bouche

    marquera le regret du beau reve passé

    Tu diras c’etait vain mais déjà sur ta couche

    une larme furtive aura déjà glissé…

    Et de ton coeur, enfin, brisant l’indifférence,

    ton reve volera vers la grande esperance…

    Poésie, révolution, jeunesse, nostalgie…Mais ou sont les mois de mai d’antan ?

    Amère nostalgie des grands embarcadères

    quand le dernier bateau s’eloigne de la terre

    avec toutes ces fleurs que l’on n’a pas cueillies

    et toutes ces amours que l’on eut accueillies…

    Ne cherche pas c’est aussi de moi,tu m’as rendu mélancolique avec l’évocation de ces vieilles choses…Je vais voir mes figues dans mon jardin, elles seront bientot mures…

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