Pendant que le bourgeois dort tranquillement…

 
 
 
 
Ma.23.5.2023
 
Humeur !
 
Bénédicte Bonzi est chercheuse associée au Laboratoire d’anthropologie des institutions et des organisations sociales de l’EHESS. Sous le titre « Le don de nourriture est devenu la béquille d’un système alimentaire prédateur » – Oui ! prédateur ! –, elle répond, dans le Monde d’hier, aux questions de Youness Bousenna. J’en extrais ce passage – qui m’a fait sursauter ! –, car, débarrassé des afféteries rhétoriques obscures propres au milieu universitaire des sciences humaines, il me semble très révélateur des parti-pris idéologiques et politiques des très nombreuses cohortes de « chercheurs » – sociologues, anthropologues, politologues et divers – régulièrement invités dans les colonnes des quotidiens Le Monde et Libération, notamment. L’intérêt de ce genre de publications – entretiens, chroniques, etc., oui ! l’intérêt, est, en effet, d’en faire ressortir les idées directrices qui, banalement militantes, ne se distinguent guère, si l’on en retire le vernis pontifiant, de celles abondamment exposées dans les tracts des diverses obédiences « wokistes et insoumises ». Il arrive même, parfois, pour mon plus grand plaisir en tout cas, comme ici, qu’une ou deux phrases en révèle aussi le caractère hautement et bêtement comique. Voici :
« Les bénévoles des Restos du cœur sont confrontés à une violence qu’ils absorbent et contiennent tout à la fois. Leur générosité est capitale, mais elle ne doit pas être détournée par le capitalisme pour maintenir la paix sociale pendant que le bourgeois dort tranquillement. C’est pour cela que j’articule à ma recherche une réflexion politique pour dépasser les apories du don comme béquille d’un système alimentaire prédateur. L’impuissance ressentie par les bénévoles doit être endiguée par des alliances avec des acteurs en résistance, afin de politiser ces enjeux. »
 
 
 

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