Contre-Regards

par Michel SANTO

Sur les réseaux sociaux, l’information circule aussi…

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Ce matin, dans « Le secret des sources », sur France Culture, étaient discutés les nouveaux modes d’accès à l’information. Les invités, André Gunthert, historien et sociologue, maître de conférences à l’EHESS, Aude Baron, fondatrice du Plus et rédactrice en chef d’Eurosport.fr et Thibault Henneton, responsable du site du Monde diplomatique, tentaient de répondre à trois questions: « Au moment où les manières de s’informer sont en pleine recomposition, devant l’explosion des réseaux sociaux, quelles conséquences cela a-t-il sur les pratiques de l’information en elles-mêmes ? Assiste-t-on à une multiplication des sources, ou ne risque-t-on pas au contraire les « effets de bulle » et l’enfermement dans des informations toujours similaires ? Et quelles conséquences sur la nature et le format de l’information en elle-même ? ». Je ne vais pas en faire le résumé ici (l’émission est disponible en réécoute), mais relever cette phrase de conclusion d’un des intervenants insistant sur le rôle, indispensable, des journalistes professionnels, par opposition aux blogueurs et autres intervenants sur d’autres supports, en ce qu’il seraient seuls capables de « faire le tri » entre informations et rumeurs. Certes, loin de moi l’idée de contester, par principe, cette fonction de gardien de la vérité médiatique que détiendraient les membres de cet ordre professionnel. Mais à l’écoute de cette proclamation, trois « évènements » journalistiques récents sont immédiatement venus à mon esprit pour en limiter sérieusement la portée. Le premier dans ma petite ville de Narbonne où la couverture, par le seul journal local, de la tentative de déstabilisation de la société propriétaire du RCNM par une somme d’intérêts politico-économico-sportifs en « partenariat » avec un pseudo fonds du Qatar, a frisé la désinformation sur la nature exacte de cette opération et la crédibilité morale et financière de ce miraculeux investisseur. Le deuxième concerne le recrutement par une »filiale » de l’ancien Conseil Régional de Midi Pyrénées, en pleine campagne des régionales, de la propre fille du président du PRG, par ailleurs patron du groupe de presse en situation de monopole quasi absolu dans la grande région LRMP, sans que cela ait été commenté ailleurs que dans des blogs, dont le mien, comme l’évènement précédent, d’ailleurs. Le troisième s’est récemment passé sur le plateau de FR3 Corse où était invité, après les incidents opposant des manifestants aux habitants d’un quartier d’Ajaccio à forte densité de population d’origine immigrée, un pseudo iman représentant les musulmans de l’île de beauté qui, quelques jours, après s’est révélé être un imposteur récidiviste. Je ne veux pas faire ici, bien entendu, l’apologie des nouveaux médias en feignant d’ignorer ou de relativiser la quantité de rumeurs et de bêtises circulant sur les réseaux sociaux. Je sais aussi reconnaître la qualité de l’information fournie quotidiennement par nos grands médias: j’en consomme beaucoup! Mais j’observe, cependant, que cette fonction de régulation et de tri entre données, informations et rumeurs, revendiquée par l’intervenante de ce matin, n’est plus aujourd’hui dans le seul pouvoir d’une profession qui dans le passé en possédait l’exclusivité, et la légitimité. Il peut arriver aussi qu’ailleurs, et sur la « toile » notamment, s’expriment des points de vues, des opinions, soient présentées des informations, utiles à la compréhension de la société dans laquelle nous vivons…

   

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Commentaires (2)

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    Jacques Molénat

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    Bien vu Michel. Tout à fait d’accord.

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    Bernard-Mery de Vargas

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    En résumé l’information est une chose trop sérieuse pour qu’elle ne soit confiée qu’aux seuls journalistes ;-)
    Pour le reste, c’est à nous sur les réseaux sociaux de corriger, anoter et replacer dans le contexte les « infos » qui y circulent.
    Perso, je sais très bien en quelques minutes rechercher d’autres sources, comparer, analyser et donner à leurs diffuseurs les correctifs nécesssaires.
    C’est ce genre de travail qu’il conviendrait d’encourager de la part de tout un chacun.

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