𝐋𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐝’𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞.

Chaque seconde apporte son lot de nouvelles. D’images. D’analyses. De commentaires. Puis de commentaires sur les commentaires.
Rien n’arrive seul.
Walter Benjamin observait déjà que les événements nous parvenaient saturés d’explications. Il écrivait cela à une époque où l’information voyageait encore à la vitesse du papier.
Aujourd’hui, le phénomène est devenu total.
Avant même qu’un fait ne nous atteigne, son mode d’emploi l’accompagne. On nous dit ce qu’il faut comprendre, penser, craindre ou espérer. Le mystère est évacué avant même d’avoir eu le temps d’apparaître.
Peut-être est-ce pour cela que les histoires remarquables se font rares.
Non parce qu’il ne se passe plus rien. Mais parce que tout est aussitôt recouvert.
J’aime les textes de Benjamin pour la raison inverse. Une rue. Une fenêtre. Un objet oublié. Un visage aperçu. Rien n’est expliqué jusqu’au bout. Quelque chose demeure.
Une part d’ombre.
C’est souvent elle qui nous accompagne le plus longtemps.
Illustration : Vilhelm Hammershøi
Dinamarca, 1914




