Contre-Regards

par Michel SANTO

Narbonne l’été : le bonheur est à la Guingette de Tournebelle !

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C’est un restaurant musical comme on en voit dans certains films américains, entre Narbonne et Gruissan. Au milieu de nulle part , Sylvain, le jeune maître de maison, sait accueillir ses clients amateurs de jazz et de bonne musique autour de menus simples et savoureux. L’ambiance en salle, en terrasse ou sur l’ancien chemin de halage respire  » l’esprit du lieu  » : un ilot cerné par les eaux d’étangs et de rizières. Le soir venu, ses lumières clignotent sur celle du canal de la Robine. En toile de fond, la  » Clape  » offre ses formes lascives, que le soleil couchant caresse de nuances cuivrées. C’est un endroit, comme ce soir d’été, où l’on rencontre une amie danoise perdue de vue, une petite troupe de sexagénaires anglo saxons descendus d’un village des Corbières, un inconnu venu en Panhard de collection, dont je sais à quel point sa restauration fut difficile, un fonctionnaire démissionnaire faisant office de serveur, des musiciens de Toulouse venus en spectateurs et d’autres personnages assemblés ici dans une joyeuse et nostalgique ambiance des années 60. Sur scène les Oldies,  nous  remettaient en tête et en corps ACDC, les Stones, Hendrix, The Animals… la joie et l’insouciance d’une génération qui vit se briser les codes et les moeurs d’une société bloquée : les français s’ennuyaient disait-on !… C’était un soir d’été , au Tournebelle, loin, très loin des médiocres  » animations  » bistrotières des centres-ville alentours et d’un pseudo festival de jazz . Au plus près de ce qu’offre de sincérité un paysage à nul autre pareil. Si par bonheur ou par hasard vous prenez l’envie de vivre quelques heures hors de la vulgarité marchande quotidienne , c’est à la Guinguette qu’il vous faut rendre. A minuit ou à la pointe du jour, quand s’éteignent les lumières et que les yeux brillent, les rizières ressentissent du chant d’amour des grenouilles…

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Commentaires (3)

  • Marti

    |

    Cette photo me ramène à mon enfance, j’avais 7 ans et nous nous trouvions dans cette guinguette mythique pour un grand repas familial dont mon genou garde une trace en jouant dans l’herbe le long
    de la rive j’avais fait une chute sur un tesson qui avait « fendu » la peau en pelin sur la rotule!!! 

    Si je reviens dansle coin je proposerai à Sylvain une animation style « cabaret chansons françaises du grand répertoire »  Douce France cher pays de mon enfance……

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  • Michel Santo

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    Êtes vous vraiment si loin ? J’ai connu moi aussi cette époque là; et Sylvain, certains soirs, anime dans le style que vous affectionnez…

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  • Elle

    |

    Mon Dieu quel beau texte. Ce que vous écrivez bien Monsieur de Santo. On y est déjà !

    Reply

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