𝐂𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 : 𝐋’𝐄́𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐎𝐳𝐨𝐧.

𝐂𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 : 𝐋’𝐄́𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐅𝐫𝐚𝐧𝐜̧𝐨𝐢𝐬 𝐎𝐳𝐨𝐧.

Théâtre + Cinéma – scène nationale Grand Narbonne. Hier après-midi. 15 heures. J’ai vu la vérité. Pas celle des tribunaux ou des hommes de Dieu, celle qui brûle sur la plage et qui tient l’indifférence à bout de bras.

Ozon a fait le travail. Propre. Sans fioritures.

Il a pris le texte, l’a tenu à la lumière, et l’a rendu comme un fait divers, brut. Pas d’interprétation facile. Juste l’absurdité du soleil sur Alger, et la simplicité terrible d’un homme.

Le jeune Benjamin Voisin en Meursault est éblouissant de mutisme. Le silence du corps, voilà la vérité de l’étranger. Il n’essaie pas de rendre le personnage aimable.

Meursault ne pense pas l’Absurde, il le vit : il boit son café, nage, fait l’amour, tue. Sans lien causal, sans remords. Sa vie est une succession de faits, une matière brute enregistrée par les sens.

L’interprétation de Voisin, éblouissante, est physique : il incarne l’homme-éponge, celui qui absorbe la chaleur, la lumière, le désir, sans jamais laisser la morale s’interposer.

La chaleur est une force que l’on ressent. Le film est une pression sensorielle, une vérité violente. Le meurtre n’est pas un acte de haine, mais l’aboutissement logique et absurde d’une tension physique sous l’éclat aveuglant.

Ozon a aussi regardé l’Arabe dans les yeux, donnant un nom à celui que le livre laissait anonyme. Un geste qui ancre l’histoire dans sa terre, sans trahir le fond. La fatalité est la même.

Ce n’était pas un drame. C’était la vie, réduite à l’os. Une gifle sans bruit. L’écho de la détonation dans l’air sec. L’homme face au mur. Et l’odeur du sel et de la mort.

Fidèle, oui. Mais surtout, vrai. C’est ça qui compte.

Le film finit. La salle est silencieuse. On sort. On comprend. Ou pas. C’est égal.

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