𝐋𝐞 𝐌𝐞𝐧𝐬𝐨𝐧𝐠𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐔𝐧𝐢𝐯𝐞𝐫𝐬𝐢𝐭𝐞́

Deux années de sociologie. L’Université. Il l’a quittée pour un point chaud.

Il y a trois mois. Il a fallu une rupture conventionnelle. Il touche les allocations chômage.

Depuis, Y. voyage. Il apprend la cuisine indonésienne. Il veut ouvrir un restaurant. Une franchise. Il a dit cela à son conseiller emploi. Y. est intelligent. Il est curieux.

Le système n’a pas su le garder. Il n’a pas su l’orienter.

Cette trajectoire dit la vérité. L’Université française produit de la désillusion. Elle ne produit plus d’avenir.

On n’a jamais dit la vérité à Y. On ne la dit jamais aux étudiants en sciences humaines. On leur parle d’esprit critique. On leur parle d’engagement. On les accueille avec de grands mots. On ne leur montre pas l’entrée des facultés. Elle devrait porter une phrase : « Vous ne ferez probablement pas de métier avec cette formation. »

Le silence n’est pas un oubli.

Les enseignants le savent. Ils se taisent. Leur salaire dépend des classes pleines. Les gestionnaires le savent. Ils détournent les yeux. Leur budget dépend des étudiants. L’État l’accepte. Cela évite de poser la question : à quoi sert une université si elle ne donne plus de travail ?

Pendant ce temps, les filières discrètes travaillent. Les BTS. Les BUT et DUT. L’alternance. Elles offrent des métiers concrets. Elles stabilisent. Elles insèrent. Elles n’ont pas le prestige. Elles n’ont que l’efficacité. Le pays préfère les diplômes aux compétences. Ce n’est jamais suffisant.

Le résultat ? Trente-huit pour cent des diplômés trouvent un emploi lié à leurs études. Les autres glissent. Petits boulots. Reconversion. Départ à l’étranger. Amertume.

L’IA arrive. Elle balaie les métiers du milieu. Elle remplace. Elle étouffe les professions que ces jeunes pouvaient espérer. La concurrence explose. La valeur des diplômes s’effondre. La méritocratie se fissure.

La République s’étonne de voir ses enfants lui tourner le dos.

Comment pourraient-ils faire autrement ?

On les a nourris d’illusions. On les a abandonnés. On leur a promis l’ascension. On ne pouvait pas la garantir.

La vérité est simple. Elle est brutale.

Nous fabriquons nous-mêmes les colères qui fracturent ce pays.
Nous avons fait de la République une machine à illusions. Elle est devenue une machine à ressentiment.

Ce ressentiment est exploité. Les partis extrémistes s’en nourrissent. La France Insoumise l’utilise.

Il est temps de rompre.

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