𝐋𝐞 𝐩𝐚𝐩𝐢𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐟𝐞𝐫.

Les rayons craquent. Ce n’est plus de la littérature, c’est une offensive. En France, la librairie est devenue un champ de tir.
Pendant que la fiction s’essouffle, l’essai politique s’impose. Les chiffres de l’institut Edistat ne mentent pas : le segment gagne du terrain là où les autres en perdent.
On n’achète plus pour s’évader, on achète pour se battre. Les best-sellers ne sont plus des intrigues, mais des manifestes.
Depuis l’automne, les piles montent. Des récits sombres, des scénarios de fin du monde. On y parle de racines, de frontières, de déclin. L’encre penche à droite, très à droite. Bardella, Villiers, Zemmour dépassent les cent mille exemplaires. C’est le reflet d’une base électorale qui ne se contente plus de voter. Elle se documente. Elle s’arme. Chaque page lue est une munition.
Certains ferment les yeux. Ils parlent d’épiphénomène, de mode passagère. Ils ont tort. Ces livres préparent le terrain pour les municipales de mars et la présidentielle qui suit.
Le papier précède le bulletin. La bataille culturelle a commencé. Elle se gagne entre les pages, avant de se jouer dans les urnes. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas. Le fer est dans le fruit.
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