J’ai lu « Le cul de Judas » d’Antonio Lobo Antunes.

𝐀𝐧𝐭𝐨́𝐧𝐢𝐨a 𝐋𝐨𝐛𝐨 𝐀𝐧𝐭𝐮𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐞́𝐜𝐞́𝐝𝐞́ 𝐥𝐞 𝟓 𝐦𝐚𝐫𝐬 𝟐𝟎𝟐𝟔 𝐚̀ 𝐋𝐢𝐬𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞. 𝐉’𝐚𝐢 𝐥𝐮 𝐋𝐞 𝐜𝐮𝐥 𝐝𝐞 𝐉𝐮𝐝𝐚𝐬. 𝐏𝐚𝐫𝐦𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬 𝐚𝐥𝐨𝐫𝐬, 𝐜𝐞𝐥𝐥𝐞-𝐜𝐢 :

Nous ne sommes jamais où nous sommes, vous ne trouvez pas ? pas même maintenant comprimés dans l’espace exigu de l’ascenseur, vous, raide et silencieuse, mesurant du coin de l’œil mes élans de bouc, moi qui fais tinter les clés avec l’impatience nerveuse que ces étranges appareils à monter et à descendre provoquent en moi invariablement, modernes succédanés des nacelles des ballons toujours au bord d’une chute désemparée et catastrophique. Ma chère amie, vous êtes, par exemple, ce dernier été, nue sur la plage, face à la mer sirupeuse et domestiquée de l’Algarve, en compagnie d’une de ces créatures intelligentes et vilaines qu’il est facile d’aimer, parce que, d’un côté, elles ne vous font pas concurrence et, d’un autre côté, elles vous évitent d’aller seule aux cycles de cinéma de la Fondation Gulbenkian, fréquentés par des myopes lucides et des sociologues péremptoires, et moi je suis toujours en Angola, comme il y a huit ans, et je dis au revoir au soba-tailleur près de la machine à coudre préhistorique, couverte par une épaisse mousse de rouille et que le sable érode et torture comme Giacometti modèle dans une espèce de rage patiente, ses douloureuses silhouettes à longues jambes, identiques à des oiseaux inventés, plus réels que les vrais.

𝐀𝐧𝐭𝐨́𝐧𝐢𝐨 𝐋𝐨𝐛𝐨 𝐀𝐧𝐭𝐮𝐧𝐞𝐬 . 𝐋𝐞 𝐜𝐮𝐥 𝐝𝐞 𝐉𝐮𝐝𝐚𝐬. 𝐊𝐢𝐧𝐝𝐥𝐞. 𝐄𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐌𝐞́𝐭𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞́

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