
Je prépare mon café.
Dans l’encadrement de la fenêtre,
les premiers nuages sont roses.
Je sais ce qui m’attend là-haut.
Je laisse la tasse, je monte,
la pièce du haut d’abord, puis la terrasse.
Dehors, le ciel est en feu.
Un feu lent, froissé,
qui couvre toute la largeur des toits.
Dessous, une bande jaune,
claire comme de l’eau.
Les cheminées se découpent en noir.
En bas, la rue est encore calme.
Elle m’aurait dit encore :
« Viens voir ce ciel, Michel ! »
Je suis venu.
Je cadre, je déclenche.
Au-dessus de ma tête, des cris très sonores.
Des choucas.
Je les reconnais sans les voir,
tout occupé à ma photo.
Plus loin, à droite, d’autres oiseaux,
très petits, ne font aucun bruit.
En bas, le café refroidit.