Chroniques

J’ai reçu, ce matin, une lettre de Carole Delga !

 

 

ll fut un temps, pas si lointain quand j’y pense, où les facteurs effectuaient la plus grande part de leur carrière dans le même quartier. Ils étaient de ce fait les mieux informés du voisinage. Certains devenaient des amis, parfois des amants… C’était aussi un temps où nous recevions quantités de lettres, y compris d’anonymes. Ce temps est hélas révolu. Le métier est désormais exercé par des « intermittents » et nous ne recevons plus que des brochures publicitaires ; des paquets de réclames dont les préposés s’acharnent à bourrer nos boîtes. J’exagère à peine ! Le risque étant, d’ailleurs, si on n’y prend garde, de jeter le tout, avec des lettres parfaitement timbrées, dans les containers « municipaux » réservés au recyclage des emballages et papiers de toutes sortes. La prudence exige donc de trier l’ensemble afin d’éviter le ridicule d’expliquer à son banquier, son percepteur ou sa lointaine cousine, la dégradante destination finale de leur aimable courrier. Opérant de la sorte ce matin, j’ai trouvé, entre le prospectus de LIDL, qui me promet « Le vrai prix des bonnes choses » et celui de GIFI, qui m’assure avoir « des idées de génie », une « lettre aux femmes et aux hommes de notre Région » de Carole Delga – la Présidente sortante du Conseil Régional de la région Occitanie – , qui, elle, déclare « que nous avons, plus que jamais, besoin d’une région qui protège ». Je dois dire que cette façon de me prendre pour un enfant sans abri, sans défense et sans soutien, m’a profondément irrité. Énervé même ! Qu’ai-je donc à faire de sa maternelle – et humiliante – protection, me disais-je.  Non ! franchement, sont-ce des manières ? Mais comme il me reste encore un brin d’esprit civique, j’ai néanmoins poursuivi ma lecture de cette longue, mais longue  épître électorale ! Longue en n’en plus finir ; et lourde, mais lourde… Épaisse comme un ciel d’orage, plombé, bas. Et c’est au moment où je me suis demandé si Carole ne m’exposait pas un programme pour l’élection présidentielle de 2022 que j’ai finalement « lâché prise ». Ah ! pour ceux que ça intéresse, j’ai toutefois distingué dans ce « fatras » commercial, l’offre de GIFI : une plancha « 2 en 1 » à 25€ et celle de LIDL : un parasol déporté à 70€. C’est bientôt l’été !

La lettre

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4 commentaires

  1. Les propos lourds et protecteurs sont insupportables dans tous ces propos politiques…en effet.

  2. Madame Delga aurait pu avoir l’idée de génie de pouvoir nous offrir une entrée, ou au moins une réduction sur le prix du billet à l’occasion de l’ouverture du Musée Narbo Via.

  3. Des « programmes électoraux » comme des dépliants publicitaires appelés à titiller la pulsion du consommateurs, c’est dire l’intérêt porté par ceux qui choisissent ce système aux citoyens que nous sommes. Est-ce qu’il faut ranger le produit « Carole DELGA » dans le bricolage, les produits d’entretien? J’hésite!!!

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Ce que l’on voit quand on s’arrête. Chroniques brèves et photographies, par Michel Santo.