On se lève tard. Mauvaise nuit.
Le café. Encore à moitié dans les rêves.
On s’informe. La Gironde surtout. Les incendies. Terrifiants. Deux cent mille personnes déplacées.
Les alertes du Figaro. Celles du Monde. Quelques coups de sonde sur les chaînes d’information continue. Sur les réseaux sociaux aussi.
Deux manières d’être au monde.
À terre, les pompiers, la sécurité civile, les militaires. Dans les airs, les pilotes de Canadair et d’hélicoptère.
Leur temps. Leur fatigue. Leur courage.
Jour et nuit.
Au risque de leur vie.
Des élus de toutes opinions. Des bénévoles. Des agriculteurs.
Une mobilisation admirable.
Et puis l’autre monde.
Celui qui commente. Qui s’indigne. Qui accuse.
Toujours plus de drame. Toujours plus d’urgence.
« Quand Bordeaux ? »
Et déjà des coupables. Tout de suite. Ici. Maintenant.
Des responsabilités à désigner. Des têtes à couper. Les plus hautes si possible.
Et moi devant mon café.
À l’abri. Inutile.
Le cœur lourd.
En pensée avec tous ces hommes et toutes ces femmes.
Les victimes. Ceux qui combattent le feu.
Dans l’épreuve, ils ne forment plus qu’un seul corps.
C’est peut-être cela qui demeure, lorsque tout brûle :
la dignité et le courage ordinaires.