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Ă la table voisine, sur une terrasse de Gruissan, quatre hommes.
La soixantaine passée.
Cheveux blancs. Visages burinés.
Ils paraissent en bonne forme.
La conversation roule sur leurs voyages en mer. Nombreux. Lointains.
Puis vient le réchauffement climatique.
Le ton monte.
La table sâanime.
On convoque les experts, les gouvernements, les responsabilités.
Et soudain Thomas More.
Utopia.
Lâun dâeux vĂ©rifie sur Google.
LâidĂ©al, affirme-t-il, serait peut-ĂȘtre le mode de vie monastique.
VĆu de pauvretĂ©. Ătude. Chants.
Autonomie.
Autosuffisance alimentaire.
Un autre poursuit. Les moines tibétains. Leurs robes safran. Leur détachement du monde.
Certes, pensais-je en souriant.
Câest alors que leurs tĂ©lĂ©phones se mirent Ă sonner.
Tous ensemble.
Un invraisemblable chĆur de sonneries exotiques.
Comme un rappel Ă lâordre.
Il Ă©tait lâheure du dĂ©jeuner.