
Il suffit de regarder autour de soi.
Les rues.
Les terrasses.
Les promenades du bord de mer.
Partout le même refus de l’effort.
Non pas l’effort de travailler.
L’autre.
Celui qui consiste à se tenir un peu plus haut que soi-même.
À choisir.
À composer.
À accorder.
Notre époque sait reconnaître la beauté.
Mais elle s’en méfie.
Comme si toute exigence était une offense.
Comme si le goût relevait déjà de l’arrogance.
Alors le relâchement avance.
Il gagne les gestes.
Les paroles.
Les vêtements aussi.
Peu à peu, l’idée même d’élégance paraît suspecte.
On lui préfère l’authenticité.
Mot commode.
Qui dispense souvent de tout effort.
À force de célébrer le « comme on est »,
nous oublions le « comme on pourrait être ».
L’élégance demandait une attention.
Le relâchement n’en exige aucune.
C’est peut-être pour cela qu’il a gagné.