Contre-Regards

par Michel SANTO

Andrée Chédid n’est pas morte hier.

 

 

Andrée Chédid est morte. hier! On est triste. Très! Ce soir on relira : “L’Etoffe de l’univers”. Comme je le fis un soir où le sommeil manquait. C’était il y a quelques semaines. Un soir froid où soudain surgit le feu d’un poème.

Le voici ce petit texte que je consacrais alors à cette grande et belle dame:

 

 

Mes lectures

 

 

 

 

Il est des nuits comme çà! On se couche très tard, après un copieux repas, trop ! Trop de bruit aussi… Et le froid et le vent qui vous glacent les os… Et le sommeil qui s’attarde, longtemps…Trop. On tourne autour et on finit par l’ouvrir ce livre posé là, sur un fauteuil. Des poèmes, ceux d’Andrée Chédid. Pour tomber sur celui-ci: ” Bruits “.

 

La nuit
Parfois
S’anime
Du clapotis de l’eau
Et des sanglots du vent
Vibrante,comblée
Par cet étrange bruit
Je brûle soudain pour un feu qui
S’embrase
Puis pour me recueillir
Je brûle pour le silence glacé d’un feu éteint

 

Un poème qu’elle prolonge d’un commentaire de l’admirable métaphore de Kulluka Bhaffa (le plus fameux des exégètes des lois de Manou): ” Comme le feu qui pénétrant les mondes prend la forme inombrable des choses, le Soi unique au fond de tous les êtres emplit les formes et l’espace autour d’elle “. Il me suffit, dit-elle, de remplacer le mot ” feu ” par ” poésie “… Ce langage des Dieux.

 

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