Contre-Regards

par Michel SANTO

C’était au 10 rue Michelet, à Narbonne …

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Il y a des jours comme ça ! On se promène, l’esprit en vadrouille lui aussi, et le passé vous cueille sans prévenir. Comme devant ce grand portail largement ouvert sur une profonde et splendide cour intérieure aux murs tapissés de lierre, débordante de diverses variétés d’arbustes et de plantes en pots fleuries.

Celle là même qu’enfant je croyais entrevoir perché sur une chaise bancale, le corps et le cou tendu au travers de la fenêtre de la cuisine du sombre et modeste appartement de la rue Michelet dans lequel vivaient mes grands parents. De cet incommode observatoire, je n’en percevais qu’un tout petit mètre carré, parfois traversé par l’ombre fugitive d’une énigmatique dame . De cette grande et belle maison de maître, je ne connaissais que sa banale façade et son insignifiante petite porte d’entrée donnant sur la rue Michelet, face à l’église Saint Sébastien. Personne ne pouvait rien m’en dire, sinon qu’une riche famille la possédait et que deux soeurs célibataires l’habitaient. C’est ainsi que tous les samedi, jusqu’à mes dix ans, toujours installé sur mon incommode poste d’observation, j’ai bâti une maison imaginaire faite d’extraordinaires pierres de beauté, emplie de mystérieuses histoires. C’est cela que j’ai raconté , la semaine dernière, à cette dame installée devant son grand porche largement ouvert sur la place du Forum. Et c’est pour cela que je lui ai demandé la permission d’entrer et de visiter sa belle demeure. Demande à laquelle elle a répondu par un bienveillant sourire d’invite. Comment dire! Cette cour luxuriante n’était pas celle de mon enfance, j’en avais la certitude. Ce n’est qu’après avoir traversé un imposant corps de bâtiments sous la conduite de la propriétaire des lieux que je la découvris enfin. Ainsi se révélait dans son étendue et sa magnificence cette toute petite partie d’un patio pieusement inscrit dans ma mémoire. Mon rêve prenait enfin corps. Et dans quelle splendeur!

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A présent, quand je vois cette avenante personne installée devant son grand portail à regarder le mouvement de la place du Forum, je m’arrête quelques instants. Nous parlons de la vie qui passe, tout en faisant quelques pas dans ses deux cours intérieures où règnent, dans un désordre des plus harmonieux, l’élégance et la beauté… Comme dans mes songes d’enfant !

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