Contre-Regards

par Michel SANTO

L’humour de Chine.

On connaît le Giono romancier du « Hussard sur le toit », « d’Angelo » et du « Bonheur Fou », mais on connaît moins bien le Giono chroniqueur avisé de son temps ( Les trois arbres de Palzem ) . Je veux dire du nôtre. Voici un échantillon de ce qu’il écrivait dans les années 50/60 : « On aimerait voir les speakers de la radio et de la télévision prendre du plaisir au sens des mots. En une semaine, je leur ai entendu dire : « L’escalade de la baisse (à propos du froid) continue sauf dans le midi. »…Et enfin, de l’inauguration de je ne sais quelle pouponnière de stade ou quel stade de pouponnière, où un édile coupait un ruban : «  Le jeu vorace d’une paire de ciseaux sur un ruban. » A ce point-là, j’ai cru pendant un instant que c’était de l’humour. » (page 200)

C’est précisément ce que je me disais, un soir de cette semaine, devant notre PPDA national l’écoutant nous annoncer que : «  La neige est enfin arrivée. Elle est tombée en couches épaisses. » Pour former sans doute des gros flocons ! Ah ! le sabir journalistique… J’ai même entendu, sur France-Culture, Nicolas Demoran, qui n’est pourtant pas un idiot, nous informer que « les spécialistes suivent à la loupe (sic) le déplacement des oiseaux migrateurs. » C’était en octobre… Les politiques ne sont pas en reste qui, depuis le passage de Lang à la culture et sa promotion du parler rapt au rang des beaux arts, nous cassent littéralement les oreilles de barbarismes. Le dernier en date « bravitude » nous vient de Chine, repris en cœur par la gent journalistique gauloise éblouie par tant d’audace. Quand on voyage le sac vide de propositions politiques, il ne reste plus en effet qu’à enfiler des perles sémantiques de ce genre. A ce point-là, c’est vraiment de l’humour.

Cérémonie des voeux.

Ah ! la cérémonie des vœux en France. Pas une institution n’y échappe.

De la Présidence de la République à l’association des boulistes de quartier, tout le monde y va de son discours truffé des mêmes vœux pieux, ornés des mêmes métaphores maritimes et conclus des mêmes appels à l’union sacrée. Tous les jours ou presque de ce mois de janvier sont réservés par nos élites à cette « geste » républicaine. Elle n’a pas que des inconvénients, remarquez ! Les buffets sont  généreux et les verres vite remplis. A condition cependant de pouvoir s’en approcher, ce qui n’est pas à la portée du premier venu ! Il y faut une longue pratique et du savoir-faire. Chaque centimètre carré conquis est une position gagnée de haute lutte à un adversaire qui, le regard et la main tendue vers les canapés au saumon et les éclairs au chocolat, ne s’avoue jamais vaincu.

Chez nous, celle du sous-préfet de Narbonne est la plus courue. Somptueux est aussi son accueil, dans une ambiance «Empire». Un paradoxe en un temps où ce fonctionnaire ne sert plus à rien. C’est peut-être ce côté désuet, ancien régime, que les dames des élus, qui y sont plus nombreuses que partout ailleurs, apprécient.

Les français sont ainsi. Ils coupent la tête des rois et regrettent leurs cours.

Chronique de Narbonne. Conversation avec Edouard R…

 

conversation


Un dimanche matin de janvier comme je les aime. Lumineux et doux. Face au soleil, en compagnie de mon jeune ami Edouard, nous improvisions sur le thème de la liberté «permise» dans l’engagement militant et l’exercice d’un mandat politique.

Je soutins qu’elle est très réduite, voire, pour le plus grand nombre, nulle. Sauf à considérer le projet politique qui mobilise le militant ou le politicien tout entier dans ses pensées et dans ses actes comme intrinsèquement libérateur. Dans ces conditions, en effet, «la privation de liberté» dans le présent de l’engagement politique (traduire : sens des responsabilités) est la condition d’une totale liberté dans la réalisation espérée du projet politique qui la porte.

Un détail de l’histoire?

 

Longue, longue et ennuyeuse interview de Maryse Arditti dans le Midi Libre d’aujourd’hui, en page 6. Le titre : « l’impact des produits chimiques est préoccupant ». Tiens donc !

Toute une page réservée par la rédaction de Narbonne à la conseillère régionale verte, récemment traitée de folle par G.Frèche et qui                                                                                                                                                                                                        etqui ne participe plus ( jusqu’à quand ?) à l’exécutif régional, pour nous commenter laborieusement  la directive « Reach » !!! J’ouvre une petite parenthèse pour signaler au journaliste de service et à sa complice du moment que je n’ai toujours pas compris ( j’imagine la tête des autres lecteurs) ce que voulait dire « Reach ».Je la ferme, la parenthèse, et ne résiste pas au plaisir de vous livrer un échantillon du jargon «  Ardittien » :

"  Pour les substances préoccupantes, les Verts souhaitaient qu’on mette en route des recherches pour trouver des alternatives. Et que si elles existent, qu’on oblige à les prendre. Pour ça, Reach est un peu "soft" la dessus. "

 C’est pas beau ça!

 Quand je pense que cette dame est professeur des Universités et qu’elle a en charge, à la Région, la Formation Professionnelle ! Un modèle de parler baragouinesque à faire pleurer de rire un apprenti coiffeur. A ce propos, la photo de Maryse, pas terrible ! Elle doit dater, non ? Je l’ai croisée hier, c’est pas la même ! Mais revenons à nos moutons pour dire qu’elle avait trouvé l’impact des propos de Georges sur les blacks (c’est plus chic que « noirs ») des bleus désastreux et humiliant. Nous l’avons félicitée pour cette courageuse position qui, au fil du temps, à cependant tendance à se diluer dans les vapeurs combinardes de l’hôtel de région. L’occasion était pourtant bonne pour en savoir un peu plus sur ses états d’âme d’après fêtes. Mais nous n’en saurons rien ! Tout cela n’étant qu’un détail de l’histoire régionale pour nos journalistes locaux.Qui ne dit mot consent?

 

 

 


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