𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬.

Perché sur un tabouret de la terrasse du Rive Gauche, sous les platanes de la promenade des Barques, Jacques me fait signe. Je le rejoins.
Il est dix-neuf heures. La ville se détend. Les mots prennent leur temps.
De fil en aiguille, la conversation glisse vers les changements survenus depuis les années cinquante.
Nous constatons que les adultes sont aujourd’hui plus lourds, plus épais. Ils se couvrent davantage qu’ils ne s’habillent. Les enfants ont abandonné barboteuses et sandalettes pour les jeans, les baskets, les maillots floqués. Figures d’une société plus grasse, relâchée, aimant les idoles de sports ou d’écrans.
Sur la passerelle de la Robine, une femme corpulente en trottinette attire notre attention. La machine peine. À l’arrière, une diode rouge clignote.
Jacques observe. Il se tourne vers moi. « Rouge comme le danger que je courrais si je répétais ce que nous venons de nous dire. »
Nous rions.
La diode bat toujours, saccadée. Un autre signe des temps.




