Un jeune tigre de belle caste.

Manuel Valls en jeune tigre du PS, assume sa préférence pour Clémenceau, plutôt que pour Jaurès. Cela est dit sans complexe ni honte dans sa dernière interview au Point. Il dit aussi un certain nombre d’autres vérités:

 » Je n’attaque pas le PS, je veux le refonder, car l’idée socialiste est en partie morte… Le vieux socialisme, celui qui a imprégné la gauche française pendant des décennies, est épuisé. Il faut inventer autre chose »

 » Moi, je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale. Mais il faut avoir le courage de renoncer au confort intellectuel et aux petites démagogies. Il faut par exemple accepter de travailler plus et plus longtemps pour sauver le système de retraite. « 

 » Si être un « Sarko de gauche » c’est faire, pour ma famille, le travail qu’a accompli Sarkozy pour la droite entre 2002 et 2007, alors oui, j’accepte la comparaison. Aujourd’hui, le président de la République patine, improvise et déçoit, mais, auparavant, il a reconstruit la droite, lui a redonné une structure et un discours. Exactement ce dont nous avons besoin à gauche. »

 » La gauche gagnera si elle produit un effort intellectuel massif, comme l’ont fait les démocrates américains dans les années 80 ou les travaillistes britanniques dans les années 90. Nous ne gagnerons pas en 2012 sur le seul rejet de Nicolas Sarkozy. »

 » Mais, si Jaurès savait évoquer des « palais de féerie », Clemenceau se voyait plutôt dans le rôle du « modeste ouvrier des cathédrales, qui apporte obscurément sa pierre à l’édifice auguste qu’il ne verra jamais ». Malgré tout le respect que j’ai pour la figure du député de Carmaux, j’assume aujourd’hui ma préférence pour le Tigre. »

Tout cela, sans doute développé dans son bouquin : « Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche », Manuel Valls, entretiens avec Claude Askolovitch (Robert Laffont, 19 E), que je vais m’empresser d’acheter. Ce sera ma contibution et mon soutien à ce jeune homme de belle caste qui pense droit , sans hypocrisie et cynisme compassionnel…

La rose bleue!

 

Le Parti socialiste vient de boucler son projet de DECLARATION DE PRINCIPES. Une Charte, une constitution qui prend acte, enfin, que le temps des révolutions où l’on fait du passé table rase est bien fini. Même s’il est vrai qu’il y a belle lurette que, dans la pratique du pouvoir, de l’Etat et des Collectivités Locales par les socialistes français, la quincaillerie idéologique de la lutte des classes, des nationalisations et de l’émancipation de la classe ouvrière a été soigneusement rangée dans les tiroirs de la République pour n’en sortir qu’à l’occasion de campagnes électorales, de meetings ou de fêtes de sections. Mais, en cette matière comme dans d’autres bons derniers de la classe social-démocrate européenne, il n’était plus concevable pour le PS de rester dans le 19ème  siècle idéologique. Et l’Internationale ne fait plus vibrer les « bobos ». Dont acte, et réjouissons nous de cette nouvelle rose taillée par d’entrepenantes mains finement manucurées.

Cela dit, c’est la loi du genre, ce texte égrène surtout une série de lieux communs et de pétitions de principes propres à endormir les militants et exciter les journalistes. En voici quelques uns, dans le désordre !


« Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale. »

« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« La régulation est également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale.»
« Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. »
« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. »
« Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. »
« le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine.. . » et que «  l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. »

Là, quand même, faire de la raison un bien accessible à tous comme l’eau, le gaz ou l’électricité, c’est passer les bornes du raisonnable. Priver l’Homme d’une de ses principales facultés naturelles pour la lui généreusement octroyer, c’est en effet soutenir une bien étrange conception de l’émancipation de l’humanité. Condescendante et incomplète, assurément…

Aimer Césaire!






L’élégance et la noblesse d’un poète qui se meurt . Oublié cette fraternelle voix ! Nous vivons il est vrai le temps des Ménard et des reporters sans frontières. Un temps plat, vide. Un temps de coups et de pubs. Un temps de papiers et d’images lisses. Celui de l’actualité.Qui nous prend et nous désespère de ne pouvoir entendre cette parole de vie…

Les lycéens à la rue…

 

Hier,19.000 lycéens (selon la police) et 35.000 (selon les organisateurs) , sur un total de 2 300 000, étaient en « grève » et manifestaient à Paris. Et la presse de titrer « le mouvement prend de l’ampleur ». Pendant ce temps, leurs profs devaient sans doute travailler à diminuer un stock de copies en retard de corrections qui, paraît-il, n’a jamais été aussi important dans l’histoire de la République. Une manière assez originale, il faut bien en convenir, de gérer leur stress et leur opposition à la suppression de l’équivalent de 3.000 suppressions d’emploi. Ce qui, ramené à un lycée de 150 ou  160 professeurs, se traduirait à la rentrée prochaine par 159  et demi ou 149 enseignants ! Ouaf ! Question, est-ce que cela changera quoi que soit au niveau et à la qualité des enseignements dispensés ? Non, évidemment. Car si la France est, après les États-Unis, un des grands pays de l’OCDE qui dépense le plus pour l’éducation et si un lycée y coûte 22 % de plus, ses performances éducatives, elles, nous placent en dessous de la moyenne. Allez donc expliquer cela à des ados qui ne lisent pas et dont les parents se gavent de «  télé-informations » ! Quant à la presse dite sérieuse, il y a belle lurette qu’elle n’informe plus…

PS
 : Pour ceux que le sujet intéresse je recommande
l’étude de JEAN-RICHARD CYTERMANN, inspecteur général de l’administration.

Les jeux de Ménard.

 


Ce Robert Menard commence sérieusement à me fatiguer. Et son arrogance de militant patenté et auto reconnu des droits de l’homme s’exprimant sur tous les plateaux au nom des Reporters Sans Frontières, des syndicats de journalistes, d’Amnesty international, voire du Dalaï lama lui-même, m’énerve. Elle énerve aussi Jean Luc Mélenchon (voir son blog). Comme lui, je ne partage pas un enthousiasme béat pour la réincarnation du Bouddha et considère que si l’on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix pour les jeux. Cela dit, je n’ai pas de sympathie particulière non plus pour le régime  chinois et ne dirais pas comme notre sénateur socialiste, un des rares hommes politiques cependant à s’offusquer de ce traitement infligé à un grand peuple et au mouvement sportif international, que, sans les communistes chinois, le Tibet de 2008 ressemblerait à L’Afghanistan des talibans. Sans doute un reste de son passé trotskiste !… Non,ce qui m’intéresse surtout dans cette affaire, c’est la manière dont est fabriquée l’info dans ce pays à partir de coups de gueules surmédiatisés montés par des spécialistes des médias. Aussi, plutôt que d’aller dans de plus amples développements, contentons nous des quelques images qui suivent. Edifiantes…

Crise au Tibet – P. Haski (Rue 89) et R. Nusbaum (France 3)
par asi

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