Contre-Regards

par Michel SANTO

Ces sinistres processions qui nous rappellent tant d’autres époques…

 

 

       

Des hommes et des femmes qui défilent sur une avenue, dans la nuit, flambeaux tendus vers le ciel. Au premier plan, certains portent des gilets marqués du sigle de la CGT. Deux d’entre eux, portent des piques au bout desquelles sont plantées des têtes à l’effigie d’Emmanuel Macron. La violence de ces symboles : la nuit, des flambeaux, la marche lente – funéraire –, les têtes coupées, me stupéfie, m’épouvante. Des séquences historiques effrayantes s’imposent à mon esprit. Cette image, et cette vidéo relayée par une chaîne poutinienne, loin d’être innocente exprime une véritable haine sociale, une négation de tout de qui fait notre démocratie, notre État de droit, notre communauté nationale. Ne nous y trompons pas, des têtes sur une pique, fussent elles en carton et s’agissant de celle du Président de la République en particulier, c’est promouvoir la mort de nos valeurs, de nos institutions ; c’est menacer la paix, déchirer le pacte qui nous unit autour du triptyque républicain : Liberté, Égalité et Fraternité. Rien ne peut justifier de tels actes ; des actes qui alimentent et préparent les esprits à toutes les dérives populistes violentes. Certains, sur les planches médiatiques, allument déjà des bûchers politiques. Ces actes, ces paroles, nous devons les condamner, sans faiblesses. Entre l’ordre et le chaos, Goethe disait qu’il choisirait toujours l’ordre. Citoyen, je choisirai toujours la République.

   

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Commentaires (6)

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    Dumas Michel

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    Etre vide à ce point, pour exhiber de tels symboles, c’est être au delà des réseaux sociaux, au de la de l’inculture, au delà de notre histoire, au delà de notre République.
    Pour ces deux là, il n’y a plus rien à faire.
    J’espère simplement qu’ils sont inconscients.

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    Aimé COUQUET

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    Sauf que la République s’est construite en perdant quelques têtes !

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Précisément ! Et c’est bien pour cela, pour le sang versé afin qu’elle advienne qu’il nous faut la protéger de tous les apprentis sorciers dorioristes qui en ce moment pullulent…

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    Pfister

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    « Keep cool » comme on dit dans l’univers des salles de sport. Pourquoi pareille alarme ? Pourquoi faire surgir à nos yeux ébahis des fantômes en chemises noires ou brunes parcourant nos rues à la lueur des torches ? Le dégagisme illustré par un papetier nommé Pierre Poujade, dans les années 1950, aurait pu se vêtir de gilets jaunes si ce vêtement avait existé à l’époque. Son populisme portait déjà en germe ceux qui paradent aujourd’hui. Et en matière de violences, n’avons-nous pas connu, dans les années 1960, les attentats du FLN algérien puis ceux de l’OAS française. Et derrière cette Organisation de l’Armée Secrète et l’idéologie du catholicisme national qu’elle portait n’était-ce pas la République qui était visée ? Puis, dans les années 1970, la violence criminelle, sur des bases politiques, a pris le visage d’Action directe tandis que nos voisins allemands et italiens subissaient des « années de plomb » ponctuées par les attentats de la Fraction Armée Rouge, pour les uns, et des Brigades rouges pour les autres, sans oublier le terrorisme d’extrême droite pour ce qui concerne la péninsule italienne. Et que dire des « nuits bleues » corses ? Puis, durant les années 1980, des attentats ont frappé Paris en écho aux conflits du Proche Orient. Et le cycle s’est poursuivi jusqu’aux attaques programmées par l’Etat islamique. La violence a toujours été une donnée avec laquelle la société comme les gouvernants doivent compter. Et en matière de discours qui ne répondent pas aux règles du « vivre ensemble » républicain, les exemples sont infinis au fil des dernières décennies, la liste serait sans fin. N’était pas un ancien ministre de l’Intérieur, Michel Poniatowski, qui à l’aube des années 1980 prédisait que l’entrée de François Mitterrand à l’Elysée entraînerait l’arrivée des chars soviétiques place de la Concorde ? Nous avons connu bien pire que les événements contemporains. La République a parfois tremblé sur ses bases. La Constitution a été modifiée. La vie continue. Crier au loup ne peut qu’aviver les passions, certainement pas aider à les apaiser.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Certes, certes ! Mais n’avez vous pas le sentiment que ce genre d’événement se répètent souvent en ce moment ; n’êtes vous inquiet d’entendre un Mélenchon les justifier, appeler à en accroître le nombre et en souhaiter d’autres de plus grande ampleur ; ne trouvez vous pas inquiétant le silence approbateur de madame Le Pen à cette sensibilisation des « masses » par le patron de LFI à son propre fond idéologique et symbolique –une Le Pen qui ne manque pas de apprécier et d’applaudir à cette fusion progressive des électorats LFI et RN ; et le tout dans un contexte où les médias en général sont d’une complaisance plus que surprenante envers ces violences et d’une sévérité sans nuances sur les « policières ». Et puis surtout, me semble-t-il, la différence avec les périodes précédentes est que les partis dits de gouvernement sont à terre et que nous sommes très près d’une bascule politique qui pourrait amener l’extrême droite au pouvoir…

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    Dumas Michel

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    Pourquoi s’alarmer en effet?
    Rien de systémique, deux écervelés pris en photo en flagrant délit d’inconscience.
    N’empêche que, comme le souligne justement Michel Santo le symbole est insupportable pour tous les républicains, pour tous les démocrates.
    Même s’il s’agit d’évadés des réseaux sociaux ou des gilets jaunes, même sils sont écervelés, même s’ils sont adhérents de la CGT, ils n’ont pas à nier le fonctionnement démocratique de notre république en revenant à la guillotine .
    Macron, même contestable et contesté, il est élu par le peuple.

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