Chronique de Narbonne. Conversation avec Edouard R…

 

conversation


Un dimanche matin de janvier comme je les aime. Lumineux et doux. Face au soleil, en compagnie de mon jeune ami Edouard, nous improvisions sur le thème de la liberté «permise» dans l’engagement militant et l’exercice d’un mandat politique.

Je soutins qu’elle est très réduite, voire, pour le plus grand nombre, nulle. Sauf à considérer le projet politique qui mobilise le militant ou le politicien tout entier dans ses pensées et dans ses actes comme intrinsèquement libérateur. Dans ces conditions, en effet, «la privation de liberté» dans le présent de l’engagement politique (traduire : sens des responsabilités) est la condition d’une totale liberté dans la réalisation espérée du projet politique qui la porte.

Il me répondit, sans me contredire pour autant, que, sans action collective organisée, et avec les limites qu’elle implique à la liberté de ceux qui y participent (censure du parti, autocensure pour les plus lucides, aliénation pour les autres)  point de changement de quelque état politique et social existant. Des plus vils aux plus estimables.

En politique, les deux faces de l’illusion de liberté en quelque sorte. La négative, qui est à l’origine de toutes les manipulations, et la positive, à l’origine de toutes les libérations. Mais qui supposent toutes deux les même moyens : notamment une pensée et une action collective programmée et mobilisée par des élites au nom d’une classe, d’une race, d’un pays ; de la liberté, du bonheur, du droit à… (La liste est infinie)

Comment en sortir ? Par l’exercice de son jugement moral. Comme le fit, entre autres références, Miguel de Unanumo, en 1936, à Salamanque…

De même que dans certaines circonstances historiques le respect de la légalité est moralement illégitime, dans certaines situations politiques le respect de la solidarité partisane l’est tout autant.

                   

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