Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne. Petit hommage à un ami si peu connu: Jean Pierre Liégeois!

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Je n’aime pas les lundis. Comme m’ennuient les dimanches. De ces jours jamais pleins, j’en attends toujours le pire. Comme si le temps retenait sa faux. Des commencements toujours en suspens, des rues souvent vides, des vies en attente. Des espoirs toujours déçus et des aubes qui meurent. Je n’aime pas les lundis. Comme ce matin-ci, pluvieux, sur la place de l’hôtel de ville. Sylvain qui vînt à ma rencontre. Triste! Jean Pierre, son ami, qui était devenu le mien, dans la nuit, nous avait quitté. Je connaissais son état. Il me l’avait annoncé en janvier. Ses jours étaient comptés. Dans sa dernière correspondance, la semaine dernière, tard dans la nuit, il s’inquiétait de sa soeur. Des démarches qu’elle aurait à faire… Des mots et des phrases si loin de ceux que nous échangions habituellement! Sur la culture en général et la littérature en particulier. Jean Pierre Liégeois les aimait, les mots. Il était d’une grande rigueur dans son usage. Il chassait le relâchement de notre époque, ses facilités, son mépris du style… Lui, si peu soucieux de son apparence vestimentaire, était intransigeant sur l’esthétique de la langue. J’ai devant moi un petit livre de Guillevic. Il avait deviné que je fréquentais, aussi, ce poète. « Ce Sauvage », est son titre. Il me l’avait confié – en me signalant une « coquille »! La poésie est ce qui permet de tenir. Elle est en moi un courant vital… sont les premiers mots figurant au dos de ce petit recueil de courts poèmes. Des stèles! Si vives… J’imagine Jean Pierre, sur un toit, tranquille, jusqu’à son dernier souffle, criant au soleil qu’il a besoin de lui. Communier avec l’essence de ce monde. C’est l’image que je veux retenir de celui qui, un jour, m’aborda dans une rue de Narbonne, pour « parler » de politique culturelle. Et de bien d’autres choses ensuite. De celles qui font le sel de la vie…

Il a assez vécu/Pour savoir vivre/Hors de son malheur

Jean Pierre Liégeois, avait  59 ans. Il travaillait au Théâtre Scène Nationale de Narbonne. Son métier? Factotum, me disait-il…

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Commentaires (2)

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    JUTON Alain

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    « Tu aurais pu vivre encore un peu » chantait mon ami « ardéchois » Ferrat à la mort d’un de ces amis cher. Jean Pierre tu aurais vraiment dû vivre encore longtemps. Nous nous étions un peu perdu de vue lors de mes presque 20 ans en pays ardéchois mais nous nous étions retrouvé un peu ces derniers temps et beaucoup reparlé. Parlé de culture, de politique, de celle narbonnaise évidemment et de ses « soubresauts municipaux » et puis beaucoup de la vie, de celle dont tu savais qu’elle s’en allait petit à petit de toi. On a reparlé comme des « anciens combattants culturels » de nos années « Art en Bages » qui rayonnaient bien au delà de ce magnifique village. De ce qu l’on osait culturellement en ces temps pas si lointain. On refaisait le Monde tous les jours, celui des arts et de la Culture. On s’engueulait, on discutait, on faisait et cela tous ensemble avec les artistes de la Région mais également de « pointures internationales  » comme on dit ! Pas de nom, on va en oublier, sauf le tien Jean Pierre. Où que tu sois, je t’embrasse et si tu vois Spescha ou Moget ou encore d’autres qui nous ont fait le sale coup de partir comme toi, continue avec eux la saga se la Vie. Merde je pleure ; Tchao.

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Merci Alain! pour ces biens belles paroles d’ami…

      Reply

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