Chronique du Comté de Narbonne.

Hôtel de Ville de Narbonne

Hôtel de Ville de Narbonne

Vendredi 26 octobre de l’an 2012.

Mon oncle !

Il est des hasards de lecture… providentiels. Sur mon bureau, traîne, depuis mardi, la page 2 du Dépendant entièrement consacrée, si je puis dire, à la guerre des deux prétendants, pour l’heure, au fauteuil de Labatout, à côté de laquelle est ouverte cette lettre surlignée de Saint Paul aux Ephésiens : « …ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. » Eh bien, ces deux là, mon oncle : Lemaillet et Molly, ne sont pas prêts à entendre ces sages paroles du génial Apôtre. Comme on dit dans les réunions dînatoires orchestrées par ton ami de la Brindille, entre magrets et cigares : « ça tombe ! ». Dans cette page deux donc, pour y contrer un Lemaillet au nœud de cravate trop serré sur un col italien trop ouvert, Dédé Molly y fait figurer Gourdès, son porte arbalète coiffé à la Tintin et armé d’un gourdin. Ce bonhomme, sous des airs pépères de précepteur à la retraite, éprouve à l’encontre du  couple que formaient alors Lemaillet et Lemonyais quand ils dirigeaient les affaires du Comté, une  vive agressivité. Il cultive le sentiment d’avoir subit leur mépris quand, à leurs côtés, il participait à sa gestion et en garde, depuis leur séparation, un profond et durable ressentiment. Nonchalant d’allure et de parole, sa plume peut être cinglante; dans cette page du Dépendant, elle renvoie le « parti oxygéné » à une affaire familiale spécialisée dans l’élaboration de « soupes à l’union…insipides et indigestes », entre autres gracieusetés culinaires. Autant dire que l’esprit des lieux, loin des tendres vertus évangéliques, barbotte plutôt dans d’aigres méchancetés politiciennes, mon oncle! Comme tu peux le constater, on est loin des conseils prodigués par l’apôtre des gentils ! Il est vrai que dans ce vaste champ de l’intrigue tout se cultive ; la vanité surtout, y compris celle des sots, la seule faute qui soit risible, dit ton ami Henry. Rions donc, mon oncle ! Bonne nuit…

Rétrolien depuis votre site.

Laisser un commentaire

Articles récents

  • Les Halles de Narbonne : « Plus beau marché de France ! »
                Je.6.2022 Les Halles sont à Narbonne ce que l’andouille est à Vire et la bêtise à Cambrai : sa carte d’identité hexagonale. Et l’été, nous […]
    Aucun commentaire
  • Parfois un cyprès pousse en toi…
      Me.29.6.2022   9h30, devant la petite porte de l’ancienne entrée du cimetière de l’Ouest, cet admirable cyprès qui toujours plus haut par delà tout oubli s’élance et s’étire jusqu’au […]
    Aucun commentaire
  • Un dimanche pas comme les autres…
    Di.26.6.2022 Quand je suis entré dans sa chambre, je l’ai trouvée assise sur son fauteuil lisant un de ces ouvrages à la reliure cartonnée d’une collection destinée aux enfants : « Le petit lion […]
    3 commentaires
  • Les Français au divan !…
          Ve.24.6.2022 Dans mon département, l’Aude, ses habitants se sont réveillés un lundi matin avec trois députés RN. Et depuis, comme partout ailleurs dans ce pays, sonne un même […]
    2 commentaires
  • Le jour du solstice d’été fut sans lumière…
        Entre le grau des Ayguades et la plage des Chalets, la mer grondait, l’air était poisseux et les nuages bas, noirs, bouchaient l’horizon et couvraient la Clape. Tout était gris. L’écume […]
    2 commentaires
%d blogueurs aiment cette page :