Contre-Regards

par Michel SANTO

Chroniques de Narbonne : Midi Libre sera-t-il sauvé ?

 

 

 

Unknown-copie-4.jpeg

 

Dans une précédente « Chronique de Narbonne » consacrée au sévère plan de restructuration du groupe auquel appartiennent l’Indépendant et le Midi Libre, je m’inquiétais de ses conséquences sociales: suppressions de postes, reclassements et fermeture de l’agence narbonnaise du Midi Libre d’ici la fin de l’année .  Je relevais aussi , conséquemment, la perte relative d’un esprit de concurrence qui, objectivement, rendrait plus difficile encore l’expression publique des diverses options politiques d’ores et déjà en compétition pour les prochaines municipales. Ce souci, la CFDT, qui tente de mobiliser les salariés du groupe afin de limiter les dégâts, le fait sien aussi en faisant observer que : « La disparition d’une ligne éditoriale va affaiblir notre capacité, déjà érodée, à faire face aux différents pouvoirs, d’autant plus que la hiérarchie a pris l’habitude de courtiser les élus dans l’espoir utopique qu’ils aideraient les journaux à éviter la noyade. » Le représentant de cette centrale syndicale, qui connait bien le milieu,  aurait pu être encore plus précis et faire état des affinités de toute nature liant rédactions locales et pouvoirs politiques locaux, auxquelles se mêlent parfois toutes sortes de traitements de faveur – Chut !… Entendez moi bien, comme partout ailleurs, ou presque … L’exemple venant d’en haut : à Paris la presse et la politique, ne dorment-elles pas dans le même lit ?  En province en général et dans ma petite ville en particulier, une mesure toute simple permettrait pourtant de limiter ces effets pervers : déplacer tous les trois ou quatre ans les chefs d’agence, les faire changer d’air, comme les sous-préfets. Mais on en est pas là, loin s’en faut ! C’est plutôt l’inverse qui prévaut: la politique du groupe « Les Journaux du Midi » semblant se limiter au laisser faire de chaque agence avec les politiques locaux dominants, pourvu qu’il n’y ait pas de vagues. Cela dit, j’apprends que certains des journalistes du Midi Libre de Narbonne travailleraient , avec leurs collègues de Carcassonne, au maintien de ce titre dans le Département de l’Aude ; et ce autrement que pour y conserver «  deux éditions fantômes à l’image de l’édition Catalan de Midi Libre . » Inutile de préciser que je soutiens cette initiative , comme je soutiens les salariés de l’Indépendant qui, par la voix de leur syndicat, veulent un titre plus libre, plus dynamique et plus offensif. La seule manière,  pour une presse locale souvent paresseuse – parce que souvent, il faut en convenir, appauvrie en moyens financiers et humains – de se sauver de la noyade financière et … déontologique.

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (6)

  • Scramasaxe

    |

    Bonjour Michel,

    Au delà de la nécessaire rotation des chefs d’agence, l’examen de la part pris par les bugets pub et insertions issus des collectivités dans le financement de la presse est un bon indicateur
    d’ndépendance éditoriale.

    Le canard = 0 %

    Midi Libre, l’Indépendant = 40, 50, 60 % ??.

    Les lecteurs financent Les impots locaux,

    Les impots locaux financent les collectivités

    Les collectivités fiancent la presse « indépendante et locale »

    La Presse soutient par son silence les réélections diverses.

    bref : les lecteurs financent leur propre aveuglement.

     

    Reply

  • Michel Santo

    |

    Bien sur ! C’est une réalité ignorée du  grand public à savoir que la presse, indépendamment des budgets pub des collectivités et des abonnements massifs, c’est à dire nos impôts locaux, est
    financée aussi au plan national par l’Etat, et encore nos impôts ,  notamment pour assurer sa distribution, nous dit-on !… Paraphrasons KM : les médias ne seraient-ils pas le nouvel opium
    du peuple ? les lecteurs finançant ainsi, comme tu le dis si bien, leur propre aveuglement…

    Reply

  • pibouleau

    |

    L’existence de deux titres n’est pas une garantie de diversité éditoriale. Comparons les deux titres concurrents de la même maison faut
    chercher la différence à la loupe. L’independance viendrait (conditionnel) d’une volonté des rédactions animées par des rédacs chefs indep et critique avec des journalistes respectant leur code
    déontologique et une direction assurant une totale indépendance à sa rédaction. Il n’est pas interdit de rêver. De plus depuis l’arrivée d’internet l’utilité d’une presse locale me parait de
    moins en moins évidente. 

    Reply

  • Photos-34

    |

    Bonjour, de toute facon, le progret à fait que malgrés l’abrutissement des lecteurs de pas grand chose, les société vois multinationales modernes qui ne cherchent plus que la rentabilité a600 %
    jette tout ce qui ne fonctionne pas.

    Les journeaux qui n’apportaient pas de la vrai information, ou du moins pas les bonnes..

    Le jour les journeaux arriveront à être totalement indépandant et par conséquent libre de tout sujet auront gagné le peuple qui se soulève et ne croient plus en la presse ni à beacoup de chose .

    Je vous propose une petite

    vidéo qui ne date pas dhier

    Et qui montre bien ce que sont les journeaux.
    En vous souhaitant une bonne journée et week end.
    Bonne continuation.
    Photos34

     

    Reply

  • Photos-34

    |

    RE bonjour,

    comme je vois qu’il y a un soucis sur le lien, je me repermet de remettre le ien, en espérant qu’il passe.

    Reply

  • MARTINEZ Alphonse

    |

    Naufrage de la déontologie, objectivité occultée comme certaines informations mettant en évidence l’incompétence de certains élus . Ici et aussi ailleurs nombreux journaleux ont oublié
    d’être journalistes ,aveuglés par leur idéologie ils n’ont pas vu venir la lassitude des lecteurs qui au fil des ans se sont détournés de leurs gribouillages un peu trop parfumé à la Rose. Le mal
    qui frappe notre région ,l’emploi, l’entreprise, ils s’en sont désinteressés, alors que c’est là qu’il fallait mettre le  » paquet » et non nous abreuver d’informations sans intérêt. Avez-vous
    lu la moindre critique objective sur les gaspillages en série, les copinages , le laxisme , l’incompétence ,pire l’ignorance de certains élus ? Les deux papiers sont de la même couleur, l’un
    des deux est inutile et va peut-être disparaitre ,c’est logique et ne changera pas le cours de l’histoire d’une région qui ne cesse de s’apauvrir.

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Ne plus vouloir porter la forme entière de l'humaine condition...

Ne plus vouloir porter la forme entière de l'humaine condition...

        Si j'en crois Montaigne, chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition. Ainsi la rédaction de ce billet me ferait connaître les mêmes angoisses q[Lire la suite]
Histoire de Géo : Madame Delga et monsieur Saurel "se chauffent" sur les ondes...

Histoire de Géo : Madame Delga et monsieur Saurel "se chauffent" sur les ondes...

      En pleine semaine d'un mois d'août caniculaire, madame Delga et monsieur Saurel se chauffaient sur les ondes, tandis que le pékin moyen, résident permanent ou pas de ce[Lire la suite]
Il faut avoir lu beaucoup de livres pour savoir ceux qui en valent la peine…

Il faut avoir lu beaucoup de livres pour savoir ceux qui en valent la peine…

          C'est le rituel de tous mes matins, avant toutes choses et parfois même avant ma première tasse de café : prendre un ou deux livres du "premier rayon" d[Lire la suite]
Café du matin, place de l'hôtel de ville...

Café du matin, place de l'hôtel de ville...

    "Je ne fumerais pas, je ne lirais pas ni n'écrirais, j'attendrais. Ou je me réciterais du Laforgue, en cédant sans scrupule à ce penchant qui exige qu'en toutes choses, je mê[Lire la suite]
#Whitegaucho, le symptôme d'une gauche en crise d'identité intellectuelle et politique...

#Whitegaucho, le symptôme d'une gauche en crise d'identité intellectuelle et politique...

  Depuis plusieurs jours, les réseaux sociaux sont mobilisés par les promoteurs du hashtag #Whitegaucho, pour stigmatiser une "gauche blanche" qui voilerait (c'est volontairement que j'utili[Lire la suite]
Quand la "vidéosphère" dépolitise les sujets – nous ! – en présidentialisant les thèmes…

Quand la "vidéosphère" dépolitise les sujets – nous ! – en présidentialisant les thèmes…

                Quand, en ce mois d'août caniculaire, j’ouvre Facebook, notamment, j’ai l’impression que tout tourne autour de la figure d[Lire la suite]
%d blogueurs aiment cette page :