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par Michel SANTO

Hier, était commémoré le 146e anniversaire de la Commune de Narbonne…


C’est dès le 20 mars 1871, à la nouvelle de l’insurrection parisienne – le 18 mars 1871 –, que le club de la Révolution tente d’engager Narbonne dans le mouvement et demande au conseil municipal, majoritairement constitué de républicains modérés, de ne plus reconnaître le gouvernement de Versailles et d’armer immédiatement la Garde nationale. Mais le conseil municipal refuse de se réunir. Finalement, le 24 mars, le commandant de la Garde nationale est autorisé à distribuer une certaine quantité de fusils à ses hommes. Rapidement, le bruit court que des armes sortent de l’Hôtel de ville. La distribution dégénère.

Et Marc César, historien de cette époque de la vie narbonnaise (Mars 1871 : La Commune révolutionnaire de Narbonne, Sète, Editions Singulières, 2008.) de raconter que toute la garde nationale se présente alors “ainsi que d’autres citoyens. Le peuple en armes, sur la place de l’Hôtel de ville, scande : la Commune ! la Commune ! L’Hôtel de ville est envahi. C’est Emile Digeon qui monte au balcon de l’Hôtel de ville et proclame la « constitution de la Commune centrale de l’arrondissement de Narbonne, avec union à celle de Paris ». Il en sera le « chef provisoire », et Baptiste Limouzy le président.” Mais leurs tentatives de soulèvement synchronisées à Perpignan et Coursan, en soutien à Narbonne, échouent, tandis que les villes voisines (Carcassonne, Béziers ou Sète) ne suivent pas.” Après ces évènements, “Narbonne est quadrillée militairement, les soldats campent sur les boulevards, l’ambiance est lourde, mais il n’y a pas eu de massacre.” Par contre, “la répression fut terrible dans l’armée : 203 soldats furent arrêtés, la grande majorité mutés dans des bataillons disciplinaires, et 19 furent traduits devant un conseil de guerre qui les condamna à mort. Ces peines, finalement commuées en travaux forcés à perpétuité, seront purgées en Nouvelle-Calédonie jusqu’aux amnisties de 1879 et 1880.” Les civils cependant furent à peu prés épargnés : 44 mandats d’arrêt seulement. Et la plupart, qui se présentèrent au procès de Rodez, en novembre 1871, furent acquittés, dont Digeon. Mais ceux qui avaient fui, dont Limouzy, seront condamnés à la détention à perpétuité et contraints à demeurer exilés.

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