Contre-Regards

par Michel SANTO

J’ai rencontré « la petite fille nue » de la célèbre affiche du cinquantenaire de Port Leucate…

La petite fille qui suit du regard le cerf-volant rouge filant au gré du vent dans un beau ciel bleu s’appelle Carol. Carol Paredes ! Elle avait cinq ans quand le photographe a saisi cette belle image sur une plage de Djerba, en décembre. Et c’est encore avec beaucoup d’émotion qu’elle raconte cette extraordinaire et innocente aventure qui allait engager toute sa vie d’adulte. Un véritable conte de fée pour cette petite fille née dans une famille modeste de Toulouse et repérée lors d’un casting par une agence de communication chargée de la promotion de la jeune station touristique de Port Leucate. C’était en 1978, s’en souvient-elle encore, comme si le temps ne passait pas. Aujourd’hui, Carol est une jeune et belle femme épanouie de 45 ans qui vit et travaille a Miami. Elle y a réalisé son rêve américain. Le rêve d’une petite fille décidée depuis son plus jeune âge à s’imposer dans l’univers du mannequinat, de la télé réalité. Ce qui lui a fallu de courage et de volonté, elle me l’a raconté hier, à Narbonne où elle passe chaque année une semaine de vacances chez une de ses amies. Un rendez-vous improbable mais pourtant rendu possible par mon billet sur l’affiche de 1978 ressortie par le maire de Leucate pour fêter le cinquantenaire de sa station, arrivé jusque chez elle, en Floride, par la voie des réseaux sociaux.

Je ne dirai rien ici de son histoire personnelle et de ses « galères » après qu’elle eut quitté Toulouse à 19 ans, pour Paris et New York, puis enfin Miami, s’y établir et réussir, sans autres bagages que son désir de briller dans cet univers sans pitié de « l’image », des corps et de la beauté. Mais son séjour chez son amie narbonnaise et l’affirmation publique de son identité sur cette photo qui fit couler tant de mauvaise encre sur les réseaux sociaux, nous permet à présent d’élucider un petit mystère. Il semble en effet que cette affiche présentée dans certains médias, à tort, comme le résultat d’une première campagne de promotion orchestrée par Jacques Seguéla dans les années 68 [1], n’a pu voir le jour qu’en 1978 et qu’elle a été précédée, de surcroît, en 1972, par la diffusion d’un guide touristique présentant les nouvelles stations du Languedoc-Roussillon, avec, en page de couverture, la même inspiration iconographique, sans les mêmes enfants, évidemment (que celle de 1978) Reste la question de savoir si  le photographe du guide est bien aussi celui de l’affiche de 1978. Quant à l’identité des deux petits garçons et de la petite fille du « guide », le mystère demeure… Pour combien de temps ?

 

[1] Les premières maisons sur Port Leucate et Port Barcarès ont été livrées en… 1969 !

Mots-clefs : , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (4)

  • Avatar

    DANIEL LECLERCQ

    |

    J Séguéla n’a pas commencé les campagnes publicitaires en 1968 mais en 1971…

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      En effet, c’est bien pour cela que je précise « selon certains médias »… Cordialement !

      Reply

  • Avatar

    Pascale berlin salmon

    |

    Vous êtes un enquêteur extraordinaire !

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Que les collectivités de l'Occitanie réservent plutôt leurs dons aux cathédrales et églises de leurs territoires…

Que les collectivités de l'Occitanie réservent plutôt leurs dons aux cathédrales et églises de leurs

Cathédrale de Rodez Le Conseil Régional d’Occitanie a attribué une subvention d’1,5 millions d’euros pour aider à la reconstruction de Notre-Dame. Seuls les élus de la France Insoumise ont refusé d[Lire la suite]
Trois titres, trois représentations du monde…

Trois titres, trois représentations du monde…

Ce quotidien est le plus lu dans les Départements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. Trois éditions les couvrent : Carcassonne, Narbonne et Perpignan. Trois éditions et trois pages de "Une" : t[Lire la suite]
No thumbnail available

Deux heures loin du bruit et du désordre "mondain"…

Hier matin, longue marche de la passerelle entre Deux Villes jusqu’à l’écluse de Raonel. Deux heures d’efforts physiques et de quiétude morale. Ou plutôt de distance intellectuelle avec le bru[Lire la suite]
Salauds de riches, va !

Salauds de riches, va !

Notre-Dame de Paris. Et puis Zut, zut ! Encore plus salauds que je l'imaginais ces riches. Ils continuent leur mercantile et immorale pub en renonçant, après leurs dons, à leurs déductions fiscale[Lire la suite]
La "mer monte" au Grand Castelou, et Didier Mouly la trouve saumâtre…

La "mer monte" au Grand Castelou, et Didier Mouly la trouve saumâtre…

Didier Mouly « la trouve saumâtre », cette avarie financière dans le projet d’aménagement du Grand Castelou : un site remarquable situé  dans un espace protégé en bordure du canal de[Lire la suite]
Demain, Notre-Dame de Paris sera  encore plus belle !

Demain, Notre-Dame de Paris sera  encore plus belle !

Tant de choses paraissaient dérisoires devant le spectacle effrayant de Notre Dame de Paris en feu, hier soir, jusqu'à tard dans la nuit ; une nuit sans fin de noires pensées et de gorges nouées. [Lire la suite]
%d blogueurs aiment cette page :