La tentation régicide.

Emmanuel Macron est devenu le bouc émissaire idéal. Facile. Pratique. Il suffit de le montrer du doigt pour absoudre tout le monde : citoyens, partis, syndicats, éditorialistes. Un exutoire commode à une irresponsabilité collective qu’on ne veut pas voir.

Les Français exigent tout et son contraire. Plus de dépenses, plus de services, plus de pouvoir d’achat. Mais moins de travail, moins d’impôts, moins d’efforts. Une nation d’enfants gâtés réclamant un État nounou, tout en insultant celui qui tente, tant bien que mal, de tenir la maison debout.

Les partis, eux, jouent leur numéro habituel. Ils promettent ce qu’ils savent impossible. Ils dénoncent ce qu’ils feraient eux-mêmes s’ils étaient au pouvoir. Hypocrisie pure, servie chaude chaque soir dans les JT. L’électoralisme comme seul horizon, la démagogie comme unique carburant.

Oui, le Président a commis des erreurs. Qui n’en ferait pas, dans un pays où chaque réforme devient un psychodrame ? Mais le mal est plus profond. C’est celui d’un peuple qui ne veut plus être gouverné, seulement cajolé. D’une société qui refuse le réel, comme un enfant refuse la fin du conte.

Sa démission ? Elle ne résoudrait rien. Elle ne ferait qu’achever la mue d’un pays déjà en dépression. Macron n’est pas la cause première, il est le dernier rempart contre notre affaissement collectif.

Le moment n’est pas à la tentation régicide. Il est à la renaissance d’un courage politique qu’on ne voit plus nulle part.

À des hommes d’État. Des vrais.

S’il en reste.

Commentaires (3)

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    Guitard

    |

    Merci, cela fait du bien de le lire

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    Moussier Marie Noêlle

    |

    j’ai votre texte ce matin 23 octobre dans la Croix. Merci, Je me sens moins seule.

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      Michel Santo

      |

      Je dois vous dire que je ne m’attendais pas à ce qu’il le soit. Le courriel de ce matin me l’annonçant, m’a fait plaisir. Bien cordialement.

Les commentaires sont fermés

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