Contre-Regards

par Michel SANTO

La transition “écologique” ne se fera pas sans les entreprises…

 

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Il serait quand même temps que  le discours public et politique sur la transition écologique, la protection de l’environnement, la lutte contre le réchauffement climatique abandonne ses références doctrinales “anti libérale”. Laisser croire, à gauche et chez les Verts (français j’entends), qu’il suffirait de supprimer l’économie de marché pour solutionner tous les problèmes environnementaux posés par l’accroissement de la population mondiale et la réduction des inégalités économiques et sociales entre pays et habitants de cette planète, est, en effet, totalement illusoire.

Sauf à imaginer, à brève échéance, une régulation démographique et politique puissante et contraignante dans les zones fortement peuplée et en pleine croissance, comme la Chine, l’Inde, l’Afrique, notamment. Comme ailleurs dans le reste du monde. Des “dictatures”, au sens romain du terme, de la transition énérgétique, étant inconcevables, comme l’est tout autant un monde sans entreprises et sans marché, l’humanité ne peut donc guère compter que sur la seule capacité de ses acteurs  économiques et politiques à tout entreprendre pour se perpétuer, comme tout organisme vivant, dans leur être collectif. Et pour cela sortir d’une logique de prédation sans compter, si je puis dire, des ressources naturelles… J’ai donc la conviction que nous sommes entrés dans une nouvelle ère du “capitalisme” où la logique de l’économie circulaire  sera le modèle économique d’un nombre croissant d’entreprises. J’en veut pour preuve qu’il y a deux ans déjà, le patron de Suez, Jean-Louis Chaussade, affirmait ainsi à l’Université d’été du Medef que l’économie circulaire était “le moyen le plus économique, le plus juste et le plus sensé pour produire des biens sur la planète”. Ce changement de modèle ne se fera pas du jour au lendemain, certes, mais  de nombreuses initiatives d’entreprises * ou de gouvernements en témoignent. En France, par exemple, le gouvernement est en train de mettre au point un projet de loi très ambitieux sur l’économie circulaire. Un texte  qui met clairement l’accent sur la responsabilité des producteurs. D’ici 2022, à diverses échéances, plus d’industriels vont être concernés. Ils sont enjoints à gérer et à financer la fin de vie de leurs produits via des éco-organismes. Cela va concerner les groupes automobiles, les cigarettiers, les fabricants d’articles de bricolage, de loisirs et la construction. De nouvelles sanctions sont également prévues contre les dépôts sauvages de déchets. Sur la fin de vie des produits et la lutte contre le gaspillage, la loi rend obligatoire le réemploi, la réutilisation ou le recyclage des invendus par les producteurs, importateurs ou distributeurs de produits, non alimentaires neufs. Quant au bâtiment, où le recyclage reste souvent un vœu pieux, le maître d’ouvrage sera désormais obligé de réaliser un diagnostic sur la gestion des produits, matériaux et déchets issus de la destruction ou réhabilitation significative des bâtiments pour mieux les réemployer et les valoriser. Enfin, le système de la consigne devrait faire son grand retour sur certains biens comme les bouteilles en plastique. Le secteur financier n’est pas en reste non plus. Alors que les ONG poussent les banques françaises à désinvestir les énergies fossiles, le Crédit agricole par exemple vient de publier une nouvelle stratégie climat qui “fera date” selon les termes mêmes des associations environnementales, connues pour leur intransigeance. Bref, tout n’est pas noir dans ce monde voué à disparaître, comme nous cela nous est asséné au quotidient par certains. La pression exercée par les populations, les initiatives gouvernementales et celles des entreprises, n’ont de toute façon pas d’autres choix que de converger positivement vers un nouveau modèle économique, social et énergétique. Qui, de surcroît, pour ces dernières, est une nouvelle source de développement, de profits et d’emplois…

*Adidas passe ainsi  à la vitesse supérieure. Après avoir créé des chaussures à partir de plastique retrouvé sur les plages, la marque allemande vient de dévoiler une nouvelle paire 100 % recyclables. Elles sont composées d’un seul matériau et confectionnées sans colle pour être refondues et réutilisées.

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