Contre-Regards

par Michel SANTO

La Veuve Couderc ! Un film pour sortir de tous nos confinements…

         

Hier soir, j’ai regardé, devant ma télé, Delon et Signoret dans la Veuve Couderc. L’histoire se déroule dans un hameau rural d’une France des années 30 que traverse un canal. Jean, un vagabond, trouve refuge dans la ferme de la veuve Couderc, dite “Tati”. Un pont-levis écluse, unit, et sépare à la fois, cette maison des autres et rares habitations de ce lieu perdu au milieu des forêts et des champs. Dans cet univers sombre et rustre, la vie moderne et facile y est présentée, le temps d’un plan, lent, par le passage d’un voilier au mat rabattu sur le pont duquel une jeune femme en maillot de bain, insouciante et légère, présente son corps élancé, superbe, au soleil. La veuve Couderc – Simone Signoret – vit là, depuis la mort de son mari, dans cet univers confiné ; dans cette maison, de l’autre côté de l’écluse. Elle est robuste, encore belle, mais vieillissante. Infatigable, elle se bat contre sa belle-famille pour conserver sa maison. Après avoir embauché Jean – Alain Delon – pour travailler dans les champs, elle comprend rapidement que son hôte est un bagnard en cavale. Jean est fin, beau, jeune, un brin rêveur. Il devient très vite son amant. Une vie calme et sans passion les unit alors, qui intrigue et dérange. Une relation bientôt troublée par celle nouée par Jean et Félicie, une très jeune voisine, qui provoque la jalousie de la veuve et la colère de la belle-famille. L’occasion, pour cette dernière, sa belle soeur précisément, de dénoncer Jean à la police pour en finir avec ce couple insupportable aux yeux de tous et de chacun. Ce qui sera fait par les armes, au terme d’un assaut d’une violence inouïe orchestré par un préfet cynique et brutal. Ce couple était insupportable aux yeux de tous et de chacun, disais-je, parce qu’uni, par-delà toutes les différences d’âges, intellectuelles et sociales, par l’amour de la liberté dans une France confinée dans ses préjugés et déjà gangrénée par la montée du fascisme. Un film puissant remarquablement mit en scène par Pierre Granier-Deferre et porté par deux comédiens époustouflants… Un film à voir et revoir pour sortir de tous nos confinements (En replay sur ARTE) …

*Adapté du roman de Georges Simenon.


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