Le Monologue du Pouvoir : Un portrait type.

Je 27.5.2025

Dans le bureau du dernier étage où s’érigeait sa superbe, il s’adonnait au monologue, sourd à toute voix autre que la sienne. Ce rite singulier s’accentuait à la suite d’agapes. À quiconque osait l’interrompre, une feinte léthargie servait de bouclier. Méfiance ! Car l’instant d’accalmie à peine advenu, il resurgissait, renouant le fil de son discours interrompu.

Il récusait l’objection, l’observation, tout ce qui s’opposait à l’arbitraire de sa volonté. Il s’était forgé la conviction, à l’aune d’un suffrage prétendument universel, qu’il détenait la plénitude du savoir et des pouvoirs. Travers narcissique, apanage des grands élus et de leur cohorte, d’où procède leur méfiance, leur peur panique des collaborateurs, ces empêcheurs de régner en maître et sans entraves.

La pensée spontanée d’un grand élu n’est point en effet celle de l’État de droit ni de la raison. Non, son âme s’énivre plutôt dans les eaux troubles de l’idéologie, et c’est dans l’opposition qu’il déploie toute sa vigueur. Parvenu au pouvoir, il s’agite, s’étiole, et le quitte, frustré. Et avec lui, son parti, ses zélateurs, et jusqu’à ses électeurs…

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