Contre-Regards

par Michel SANTO

Les frondeurs accélèrent la décomposition – et la recomposition, mais laquelle! – du PS!…

27 députés socialistes ont tenté mardi de déposer une motion de censure contre le gouvernement.

 

En obligeant à nouveau le gouvernement à utiliser l’article 49 alinéa 3, cette fois-ci pour faire adopter le projet de loi sur le travail, et en déposant une motion de censure, les «frondeurs» confirment  bien que le pouvoir socialiste est désormais leur principal adversaire. Leur véritable objectif était en effet de lui infliger une défaite en rase campagne.  Deux hypothèses peuvent alors être avancées.

Tout d’abord celle d’un projet de recomposition partisane de la gauche après une défaite anticipée et considérée comme certaine en 2017, qui n’en conserverait que la partie antilibérale; puis la création d’une nouvelle formation  réunissant  communistes, Verts, mélenchonistes et frondeurs socialistes. Hypothèse cependant peu crédible: les partenaires potentiels ne sont pas demandeurs. Celle ensuite de “frondeurs” se positionnant pour la bataille du prochain congrès du parti.  Il s’agirait alors de prôner le retour à une ligne politique «authentiquement» de gauche, avec comme conséquence la marginalisation de Manuel Valls et le départ de Jean-Christophe Cambadélis de la direction du Parti. Un scénario qui, s’il se réalisait, pourrait avoir pour le socialisme français des conséquences graves. Et ce pour au moins deux raisons.

“La première est que les socialistes ont fait au cours de ce quinquennat la démonstration qu’ils ne pouvaient pas gouverner puisque la principale opposition au pouvoir est venue de leur propre parti.” La seconde  est qu’en “favorisant par leur action les adversaires de gauche du Parti socialiste – partis et syndicats –, les frondeurs ont ouvert la voie à un rééquilibrage politique et électoral en faveur de ces derniers. La conséquence pourrait en être la perte du leadership socialiste sur la gauche”. Un leadership pourtant indispensable pour obtenir une victoire électorale. “C’est donc le mouvement régulier d’alternance au pouvoir entre la gauche et la droite, à l’œuvre depuis 1981, qui pourrait être interrompu pour longtemps avec pour conséquence grave la perte de la culture de gouvernement du Parti socialiste.”

On peut alors se demander si les frondeurs, plutôt que de subir les contraintes de la mondialisation, se conformer aux principes de l’économie de marché, honorer ses engagements à l’égard de ses partenaires de l’Union européenne et forger au pouvoir de difficiles compromis avec les syndicats réformistes,  ne semblent pas préférer vouloir exercer dans l’opposition une classique et confortable fonction “tribunicienne”. Et ne plus être tiraillé par le remord d’avoir “trahi” sa “pureté” doctrinale,  laisser la droite et le centre, dans une longue conjoncture où il n’y a plus rien, ou presque, à redistribuer, faire le “sale boulot”. Un choix stratégique qui, toutefois, accélèrerait le processus de décomposition du Parti socialiste avec, notamment, le départ de ses composantes réformistes… Une refondation, mais pour entrer dans l’histoire à reculons …


Billet largement inspiré et “tiré”, pour les citations, de la tribune (1) de Gérard Grunberg, politologue, animateur du site Telos, paru dans la Matinale du Monde (édition abonnés) du 12 mai 2016, sous le titre: “les frondeurs accélèrent la décomposition du PS”.

(1) En version PDF, complète, ici: G. Grunberg.

Mots-clefs : , , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (2)

  • Avatar

    Marie Labat

    |

    Mélenchon pourrait gagner les présidentielles, alors !

    Reply

    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Je ne crois pas, et pense plutôt que FHollande se représentera. Le PS fera tout pour qu’à sa gauche il n’y ait pas de candidats en bloquant les signatures d’élus nécessaires. Reste à savoir si Macron partira ou pas…

      Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

        L’on ne saurait reprocher aux communistes narbonnais de la constance dans l’expression publique de leur stratégie politique. Pour eux, l’apolitisme – le terme apa[Lire la suite]
Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond sentiment d’hostilité envers mes semblables…

Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond se

            Il est 10 heures 30, ce matin. À travers la grande baie de mon bureau surplombant les toits, la place et les rues qui font ma géographie quoti[Lire la suite]
Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire ?

Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire

    Ce qu’a fait Monsieur Griveaux, alors qu’il occupait les fonctions de porte-parole du gouvernement, rattaché au Premier ministre : réaliser une vidéo révélant ses parties intimes à un[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Echos de campagne…

Narbonne ! Municipales2020 : Echos de campagne…

Narbonne. Hôtel de ville. « Deux grosses prises » pour madame Granier-Calvet, titrait l’Indépendant, l’autre jour. Lecture faite, ce n’était pas d’un concours de pêche aux thons dont il était rend[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Nul ! Nul ! et Nul…

Narbonne ! Municipales2020 : Nul ! Nul ! et Nul…

    Finalement, quand on y réfléchit bien, la politique se résume à une seule passion : le goût du pouvoir ; et l’assouvir suppose que, par celui (ou celle) qui l’éprouve, soient clairem[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise (et d'ailleurs aussi) : Une terrasse place de l'Hôtel de Ville… et l'oubli !

Scène de la vie narbonnaise (et d'ailleurs aussi) : Une terrasse place de l'Hôtel de Ville… et l'oub

    Denis Carrière : café de la Paix. Capestang (34)    M. est un ami. Il me dit ne pas pouvoir rester assis à la terrasse d’un bistrot plus de 15 minutes ; et s’étonne toujours[Lire la suite]
  
2006-2020 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :