Les mots qu’on salit : déportation.

Les mots qu’on salit. : déportation.

Je porte les deux prénoms de mon grand-père maternel : Michel, Joseph.
Je l’aimais beaucoup. Il est mort trop tôt. J’avais neuf ans.
Longtemps, je n’ai rien su de son arrestation, en 1944, ni de sa déportation à Buchenwald. Ces choses-là, on les taisait. Pour protéger les enfants, disait-on. Je crois comprendre pourquoi, maintenant.

Déportation.
Un mot lourd. Chargé. Il porte l’ombre de l’Occupation, des camps, des rafles, des résistants, des millions de Juifs exterminés.
Et voilà que Marine Tondelier, vendredi matin, le lance sur la table de Bruce Toussaint, sur TF1, comme on jette une tasse de café. Pour s’indigner du rapatriement des « résistants » de la flottille pour Gaza aux frais de la République.
Depuis, elle s’est excusée. Trop tard. Trop peu. Comment la croire ?
Difficile de ne pas voir la manœuvre. Depuis le 7 octobre, les mêmes retournent contre Israël et les Juifs les mots de leurs bourreaux : génocide, déportation…
Non, ce n’est pas un dérapage. C’est une stratégie.
Elle veut sa primaire sans Mélenchon. Et la gagner en jouant du Mélenchon.
Cynisme absolu. Abject.
Je ne peux plus la voir. Ni l’entendre. Même en peinture.

Commentaires (2)

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    Chantal

    |

    Cher Monsieur,
    Nous sommes, malgré nous, confronté à la bêtise et désarmés, nous n’y pouvons rien. Et dire que ces personnages se pavanent devant les micros. Affligeant!!!!

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    Didier

    |

    Bonjour Michel,
    Rappelle-toi le comportement de certains parce que nous travaillions avec Jacques Blanc élu, entre autre, avec les voix des élus du FN.
    Ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, se pavanent avec les assassins du Hamas et qui salissent ceux qui sont morts dans les tranchées, dans les camps, sur les plages de Débarquement ou dans les rues d’Alger, fauchés par les bombes du FLN

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