Lettre à Sabine et Serge.

     

piétonisationLettre adressée à le rédaction de l’Indépendant le 13/11/2006

Quand j’étais gamin ( je suis grand-père ), les commerçants du centre ville protestaient déjà contre le projet de détournement du flux automobile provenant de la nationale 9 que permettait la réalisation de la rocade Ouest.

Un peu plus tôt, le maire de l’époque, Louis Madaule, s’était trouvé face à une coalition rassemblant un organe de presse local et les mêmes commerçants du centre ville, qui s’opposaient à l’instauration d’un sens unique sur le cours Jean Jaurès. Souvenons-nous enfin de la bataille menée contre H. Mouly quand fut décidé la piétonisation de la place de l’Hôtel de Ville et de ses rues adjacentes.

A chacune de ses grandes protestations commerçantes la même apocalypse nous fut promise. Le centre ville allait mourir et les commerçants vider les lieux. Entraînant avec eux une population désespérée de ne pouvoir se déplacer en auto, au risque de l’embouteillage ou de la contravention .

Nous voici donc en décembre 2006 (que le temps passe vite !) Et les prédictions de nos tristes cassandres heureusement infirmées par les faits. Le cœur de notre cité n’a jamais été en effet aussi vivant. Il attire à lui de nouveaux résidents soucieux d’une vie urbaine qui associe des équipements culturels et sportifs de bonne qualité ainsi que des services publics et commerciaux diversifiés. Dans un cadre de vie entretenue et valorisée. Le tout à portée… de piétons ou de vélo cyclistes. Et d’automobilistes …Je constate également que les fonds de commerce n’ont jamais été aussi rares et aussi chers. Et que certains d’entre les vendeurs de fonds, au demeurant peu nombreux, s’installent en centre commercial grâce… aux confortables plus-values tirées de leur cession en centre ville.

Il n’empêche que l’on nous ressort encore la même antienne à propos du nouveau plan de circulation et du sens unique. J’en veux pour preuve, la dernière lettre écrite à deux mains par Sabine et Serge Gonçalves, papetiers de leur état, sis boulevard du docteur Ferroul. Qui avouent que la circulation est bien plus fluide. Mais que, du coup, les narbonnais sont en danger de mort. A cause de la vitesse ! Alors que d’autres nous disent « que ça bouchonne encore plus… » Comprenne qui pourra… Sabine et Serge nous alertent, d’autre part, sur les grandes difficultés du marcheur à pied tractant une poussette, obligé de slalomer entre vélos fous et voitures garés sur les trottoirs… J’habite en plein cœur de Narbonne, au 6 rue H. Faure et quand je me déplace, toujours à pied, force m’est de constater que ce n’est pas contre les bicyclettes, les autos ou les crottes de chiens que je dois me battre, mais bien contre les panneaux installés par les commerçants sur les trottoirs et dans les rues piétonnes pour bloquer les promeneurs sur leurs pas de porte. Ou contre les chaises et les tables des terrasses de bars et de restaurants qui grignotent tous les jours un peu plus l’espace public en l’enlaidissant de leurs forêts de fauteuils et de leurs auvents de pacotille. Et qui vous obligent à marcher sur la chaussée… à vos risques et périls. Rassuré dans ces circonstances par la proximité de l’hôpital et  » des urgences ».

Que d’énergies cependant dépensées par nos commerçants dans ces combats d’un autre âge. Qui peut croire que l’on puisse revenir en arrière ? Qu’il y ait des ajustements à faire, sans doute. Une meilleure écoute peut-être. Mais la direction prise par M. Moynier est la bonne. Elle est dans la continuité des politiques passées et elle correspond aux nécessités du moment.

Dans moins d’une génération, il est probable que nos enfants, qui seront alors aux affaires, auront à prendre des décisions autrement plus difficiles. Déjà la question se pose d’interdire ou de dissuader l’accès des centres villes aux voitures.

Face à  ce genre d’évolution,comme à toutes celles qui nous affectent dans le reste de notre existence, la seule réponse possible est bien sur celle de l’adaptation. Au risque, en effet, de déprimer ou de mourir. Ou de s’enfuir   … Allez ! un peu d’allant bon sang… Et, comme on disait dans ma jeunesse: « l’imagination au pouvoir !!! ».

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