Contre-Regards

par Michel SANTO

Chronique de Narbonne: lettre à un ami blogueur sur les municipales de 2017 à Narbonne.

imagesMon cher Michel,

On ne refait pas l’histoire économique de Narbonne en quelques lignes, qui se résumerait, si j’ai bien compris ton texte, par la main mise et basse du lobby immobilier sur cette ville dont le Maire actuel serait, comme on disait dans ma jeunesse militante:  » l’expression politique « .

En cherchant bien, peut-être, trouveras-tu aussi, tapis dans quelques soupentes municipales, des représentants de l’Opus Dei et, pourquoi pas encore des membres de l’église de Scientologie et de la Franc-Maçonnerie orchestrant maléfiquement le tout au profit de je ne sais quel Grand Satan… Je plaisante à peine, tant il est vrai que la théorie du complot se marie fort bien avec ce genre de matérialisme  » vulgaire » pour aboutir forcément à la pratique du  » coupage de têtes  » pour , cela va de soi « , enfin vivre dans le meilleur des mondes possibles « . C’est simple, rapide, un brin paranoïde et surtout totalement faux. L’espace manque ici pour développer les raisons pour lesquelles l’économie de Narbonne ,comme celle de la Région d’ailleurs ( juste avant la Corse pour le PIB par habitant !!), est dépendante d’un accroissement démographique assuré par les autres régions françaises. Contentons nous, pour l’heure, de deux ou trois petites et rapides observations. Un peu polémiques aussi. Qui a fait le choix, que l’on paye aujourd’hui et encore pour quelques temps, dans les années 60, d’un tourisme résidentiel et  » populaire  » à très faible pouvoir d’achat et encore plus faible valeur ajoutée pour la Narbonnaise avec le type de stations littorales que nous connaissons? Réponse: Francis Vals, député socialiste de l’époque et maire de Narbonne ( entre autres mandats ) dont je te recommande les quelques écrits pour comprendre les raisons de cette sratégie (ne pas bousculer les équilibres sociaux et politiques …) Qui, aujourd’hui encore, défend le statut quo au profit d’une rente viticole, dont on ne peut pas dire qu’elle soit un vecteur de développement, mais qui, autour de Narbonne, à travers divers relais sociaux ( caves coopératives, foyers ruraux, agents de développements départementaux, pays d’accueils …la liste est ouverte ) permet au pouvoir dominant ce département de le demeurer encore? Qui,enfin, jusqu’à la défaite du même Vals à Narbonne, n’a jamais réalisé le moindre mètre carré de zone industrielle dans cette ville au motif que l’arrivée de nouveaux salariés-électeurs chamboulerait les équilibres politiques au détriment des socialistes locaux? Dans cette région, vois-tu, on a trop longtemps préféré, pour consolider son pouvoir et vivre de ses divers attributs, gérer une économie de rente ( touristique,viticole et publique ) au détriment d’ un vrai développement, ouvert et dynamique. Sur ce terreau économique est née et prospère une classe politique rentière qui n’a de progressiste qu’une histoire mythifiée enrobée d’une vêture compassionnelle.Sa nature est en réalité foncièrement ( dans tous les sens du mot ) conservatrice , elle se contente petitement de redistributier emplois et subventions financés pour l’essentiel par l’Etat. Etat sur lequel, évidemment, elle  » tape  » au quotidien. Ce n’est pas très glorieux, mais ça fait vivre ( et ça continue ) une caste de fonctionnaires-élus, cumulants les mandats, à la tête de nos institutions. Fonctionnaires-élus formés in-vitro et entretenus depuis leur primo adolescence à ce type de gestion publique… Eh bien , mon cher Michel, tant que ce socialisme là , son idéologie et ses pratiques seront au pouvoir, pas d’avenir. Et prétendre l’exercer, sur une ville comme Narbonne, qui s’est construite à rebours de cette « culture » en pariant justement sur la prise de risque, c’est en garantir la régression… Que J. Bascou , le député PS, candidat au fauteuil de maire en compagnie probable d’Eric Andrieu, premier fédéral et archétype de ce que produit de mieux le socialisme audois, en vienne, aujourd’hui, à défendre le petit commerce de centre ville après avoir refusé la création d’une seule intercommunalité sur le littoral,est, de ce point de vue, tout à fait symptomatique de cette  » fabrique  » départementale.

Bien à toi, pour en reparler…

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Commentaires (1)

  • Elle

    |

    eh bien je suis bluffée par cet article : ça c’est du sans concessionnisme (bon le mot n’existe pas tant pis) et une analyse brillante et élégante du socialisme local, et extra local je pense.

    Elle

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