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par Michel SANTO

L’imprimerie Farges, dernier vestige d’un centre ville qui perd son « âme » !


C’est dans le New York Times – et en français ! – qu’Adam Nossiter publie un très bel article (ici) titré : « En France, le déclin des villes de province est celui d’un marqueur de son identité. » Il nous amène à Albi, une ville qu’il connaît depuis presque 35 ans, pour y être passé à plusieurs reprises après l’installation de ses parents à Paris lorsqu’il avait 4 ans, pour en faire l’emblème, le témoin de ce déclin.

« Dans un pays comme la France, qui foisonne de beauté et dont les traditions semblent immuables, il n’est pas aisé de prendre la mesure des changements, voire de la décomposition en cours. Elle saute pourtant aux yeux, à Albi comme dans des centaines d’autres communes. » Et la description qu’il fait de son centre historique vidé de ses commerces traditionnels remplacés par des « franchises » de vêtements, de parfumeries… ; des agences immobilières et bancaires ; des points chauds et boulangeries à la sauvette… , ressemble, trait pour trait, au visage qui s’offre à moi, tous les jours, quand je déambule dans le coeur même de ma ville, Narbonne. C’est la réflexion que je me faisais la semaine dernière quand je me suis arrêté devant le numéro 38 du Boulevard Marcel Sembat, où se tient une imprimerie qui semble avoir traversé le temps. Roland Farges¹ y exerce le métier d’artisan imprimeur typographe. Il a succédé à son ancien patron, en 1990, et mène depuis, à bout de bras, un métier devenu rare : imprimeur typographe. Il compose des « travaux de ville» : en tête de lettres, circulaires, enveloppes, cartes de commerce, faire-part, etc. Dans quelques petites années, il va partir à la retraite et il sait qu’il n’aura pas de successeur. Avec lui, un des derniers résistants à ce temps moderne de la consommation de masse, c’est tout un monde qui s’en ira rejoindre les livres d’histoire ; toute une société de moeurs et de voisinage qui  tirera définitivement son rideau. Aussi, comme pour conjurer ce moment et goûter encore ce parfum de vie qui me rappelle tant celui de mon enfance, quand je passe devant l’imprimerie de monsieur Farges, j’y entre pour prélever un peu de son odeur, de sa fragrance. Sa porte est toujours ouverte, et le sourire de Roland est toujours là pour m’accueillir…

¹Il possède également une presse américaine (Pony Optimus) du début du 20e siècle : 1909, fabriquée par Babcock, qui est à vendre. Elle pèse 5 tonnes cependant !

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Commentaires (3)

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    coupeaux

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    Rideaux baissés ,boutiques a vendre ,rue piétonnes moribondes la FRANCE connait comme les états -unis ,le phénomène des villes en déclin !villes moyennes comme Bezier les municipalités tente d’enrayer

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    Jahan

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    Merci pour cet article! Ça donne envie d’avoir des besoins en impressions diverses, prétextes à profiter des services d cette imprimerie du centre ville et faire un petit voyage dècouverte chez cet artisan (en voie de disparition…).

    Reply

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    FRANQUINE

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    Roland et son épouse Nadine faisaient partis de notre cercle d’amis. La séparation avec mon ex compagnon (père de nos 2 enfants) nous ont séparés.Roland est un homme sérieux, très consciencieux il mérite de durer et perdurer. Nous avons de plus en plus de mal à avoir des artisans de proximité, à notre écoute et plein d’expérience. Ils savent se mettre à notre niveau ce qui n’est pas le cas avec internet. Un contact physique, une explication orale et… Il a la solution. Soutenons nos valeurs francaises, l’État ne fait pas assez d’éloges sur nos artisans. Françoise

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