Contre-Regards

par Michel SANTO

Narbonne ! Municipales2020 : “Narbonne, capitale de la moule et du surf canalisé !”

       

Samedi, j’ai passé une partie de la soirée aux Halles. On m’y avait donné rendez-vous pour la « Nuit de la moule ». De la moule et des frites. Un plat typique et emblématique de la gastronomie de notre cité, comme tout le monde le sait. Mais sans bière, cependant ; et avec de la charcuterie de Lacaune… Faut pas pousser, tout de même ! Bref, les commerçants avaient couverts leurs étals et portaient des pulls marins. On se serait cru à Ostende ! Ou ailleurs ; quelque part dans la Flandre belge. L’accent en moins et le blanc en plus. C’est un peu comme cette énorme pub des Grands Buffets vantant son César du plus grand plateau de fromages du Monde décerné par le Guiness des Records. Alors que de fromages, ici, hein ! on ne peut pas dire que Narbonne et ses environs en produisent beaucoup. Des petits chèvres dans quelque coin perdu des Corbières. Oui ; et encore ! Il n’empêche que ce pays de la vigne et du vin est désormais connu de la planète entière pour ses fromages… Mais, pour en revenir à Samedi et à cette « Nuit de la moule », je dois dire que pour n’avoir pas « réservé » ma nuit, je le confesse, j’ai bénéficié d’un indigne passe-droit. Celui de ma fromagère, postée à l’entrée. Icelle franchie, l’entrée, pas la fromagère ! dans l’allée centrale garnie de tonneaux sur ses côtés, pâtés et saucissons autour d’eux, étaient par des inconnus joyeusement consommés. Au centre, un petit orchestre pop et une belle voix donnaient du son. C’est là , sur la gauche, que j’ai retrouvé des amis engagés et colistiers dans des camps opposés de ces muncipales. Trois tranches de saucisson avec deux d’entre eux de Nouvelle Génération Citoyenne, un fond de verre rouge avec un fort groupe de Narbonne 21, des mots et des blagues avec des personnalités et des militants de Nouveau Narbonne, en nombre. Xavier Bélart en tête : il est un peu chez lui l’adjoint de Mouly. Ambiance bon enfant, donc, et tout ce monde fondu un peu plus tard dans un « madison » lancé par une guitare solo, ma foi bien entraînante… Puis vînt le clou de la soirée : l’annonce de la création d’un nouveau parti et d’une neuvième liste ; de la présentation de son programme aussi. « Nasse », et Nasse parce qu’il est le parti « de seus qui z’ont quicon dins lou nas », était enfin publiquement né sous un tonnerre d’applaudissements. Son objectif : faire de Narbonne, « la capitale de la moule et du surf canalisé. » Ses moyens : de grands travaux d’infrastructures. En commençant par la création d’une turbine thermo-nucléaire de 6 millions de gigawatts raccordée à Orano, sur la Robine, au moulin du Gua. Seraient ainsi créées sur ses eaux des vagues de 4 mètres et plus pour les amateurs de sports de glisse. En alternance, et désormais alimenté en eau salée, une base conchylicole d’une capacité de 600 millions de tonnes par an serait aussi ouverte. Quant à l’accueil des touristes venus du monde entier, la transformation de l’Arena, du musée NarboVia et du Parc des expositions en baraques à frites devraient y largement suffire… La nuit avançait, et, la fatigue et le bruit ambiant aidant, je voyais se dresser devant moi ce monde fictif aux apparences étranges, monstrueuses, inconnues jusqu’ici. Plus tard, à l’air frais, fouetté par un vent violent, je pris enfin conscience que je venais d’assister à un spectacle « Dada ». Une sorte de performance où la vérité d’une âme collective, parfois se montre, hallucinée, sous les fards les plus extravagants… Quelle nuit !

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