Contre-Regards

par Michel SANTO

Narbonne! Municipales2020 : Quoi de commun à “Narbonne En Commun” ?

 

« Narbonne En Commun » (N.E.C) est donc la nouvelle enseigne d’un rassemblement des « forces de gauche » narbonnaises. Des forces qui se limitent, pour l’heure, si on exclu les très confidentielles « Nouvelle Donne », « Mouvement Citoyen Narbonnais », d’abord, et « J’Aime Narbonne » ensuite — le faux nez du PS et d’un rassemblement voulu alors par Jacques Bascou, qui excluait le PCF — se résument aux seuls PS, EELV et PCF. Encore faudrait-il nuancer, concernant ce triumvirat, et le PS en particulier, en retirant du « capital » de ce dernier nombre de personnalités de premier plan de la « Bascousphère », élues, encartées ou pas — on ne donnera pas de nom : tout le monde les a en tête — qui, discrètement ou pas, soutiennent, pour nombre d’entre elles, le mouvement de madame Granier… Les Verts étant tout aussi divisés, finalement, la seule force organisée et unie — comme de coutume — est le PCF.  Cela précisé, pour en venir à l’essentiel, le problème posé par ce type d’alliance partisane est la contradiction qu’elle exprime entre des intérêts idéologiques et  politiques nationaux — contradictoires : je vais y venir —, et ceux d’une commune dont la population attend qu’elle soit avant tout bien gérée, dans l’intérêt de tous. (Jacques Bascou, d’ailleurs, l’avait bien compris en créant un « J’aime Narbonne » a-partisan, le pendant de « Nouveau Narbonne ».) La forme de ce « Narbonne En Commun », à laquelle ne manque que le « Programme » pour nous ramener, symboliquement en tout cas, dans les années 80, ne peut masquer, en effet, des logiques d’appareils, potentiellement divergentes. Quoi de commun, par exemple, entre un PCF pro-nucléaire et des Verts, qui combattent cette filière, et un PS ayant soutenu jusqu’au bout un gouvernement  présidé par un Francois Hollande, dont les Verts et le PCF contestaient alors la politique ?… Les « mêmes valeurs républicaines d’humanisme, de solidarité et de transparence » ? Mais qui, à l’exception de l’extrême droite aujourd’hui, ne s’en réclame pas ?… Bref ! le pari fait par Nicolas Sainte Cluque, désigné par « consensus » (!?) pour conduire cet attelage à l’ancienne, est très risqué. Surtout dans un contexte national  de « dégagisme » où les « vieux partis » de gauche et de droite  tentent de se faire oublier. Mais avait-il le choix, sachant que, comme l’histoire l’a démontré, un PS  divisé et électoralement très affaibli ne peut espérer retrouver des forces que dans un « retour à gauche toute » ? Une stratégie qui a certes prouvé son efficacité au plan national dans les années 70, jusqu’à la victoire de 1981, mais dont je doute qu’elle le soit  pour des élections municipales… en 2020. 

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (2)

  • Avatar

    Dumas

    |

    L’analyse est lucide.
    A gauche sans doute pour les valeurs que porte cette idéologie de partage.
    A gauche en aucun cas pour le détournement de cette idéologie opérée par les politiques de gauche à leur seul profit.
    Afficher une coalition de gauche, fait resurgir les tromperies passées, les mensonges, les inconséquences, les incohérences, les déceptions que le peuple se réclamant de ces valeurs de gauche a eu à supporter depuis 1983.
    Bâtir un projet à gauche pour gouverner une municipalité, une communauté, un département voire le sénat porte en lui l’échec de cette gauche hérétique qui a déraillée.
    Seul un projet structuré autour d’un devenir lisible et compréhensible par les citoyens,viable économiquement, solide socialement, loin des utopies passées, intégrant la dynamique régionale, validant les acquis, relevant les dysfonctionnements et les incohérences passées, jalonnant la marche en avant fera consensus.
    Toute proposition purement politicienne portée par une équipe d’opportunistes sera vouée à une disparition quasi immédiate.
    La rue et les réseaux sociaux seront le nouveau bureau de vote.
    Pas de faux-nez, pas de porte-étendard, pas de prête-nom : Un projet solide, porté par une équipe solidaire, voilà la clé du succès.

    Reply

  • Avatar

    Nathalie Delvallez

    |

    Merci pour cette analyse !!!
    C’est exactement pour ces raisons que nous avons quitté la plateforme du rassemblement “des gauches” !!!
    GÉNÉRATION.S souhaite construire un projet citoyen AVEC les citoyens et non pas un semblant de consultation et un verdissement ponctuel d’une liste réunie autour de vieilles peurs et d’egos surdimensionnés. Les narbonnais méritent, toutes et tous qu’on les entendent et qu’on Leur donne le choix….de faire des choix !!!

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Quelques notes prises  au fil des jours…

Quelques notes prises au fil des jours…

    Ai noté ceci : Le 4 février : Toujours du grand Jules Renard, dans son journal : «Il y a des gens qui, toute leur vie, se contentent de dire : « Évidemment ! Parfaitement ! C'est ho[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

        L’on ne saurait reprocher aux communistes narbonnais de la constance dans l’expression publique de leur stratégie politique. Pour eux, l’apolitisme – le terme apa[Lire la suite]
Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond sentiment d’hostilité envers mes semblables…

Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond se

            Il est 10 heures 30, ce matin. À travers la grande baie de mon bureau surplombant les toits, la place et les rues qui font ma géographie quoti[Lire la suite]
Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire ?

Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire

    Ce qu’a fait Monsieur Griveaux, alors qu’il occupait les fonctions de porte-parole du gouvernement, rattaché au Premier ministre : réaliser une vidéo révélant ses parties intimes à un[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Echos de campagne…

Narbonne ! Municipales2020 : Echos de campagne…

Narbonne. Hôtel de ville. « Deux grosses prises » pour madame Granier-Calvet, titrait l’Indépendant, l’autre jour. Lecture faite, ce n’était pas d’un concours de pêche aux thons dont il était rend[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Nul ! Nul ! et Nul…

Narbonne ! Municipales2020 : Nul ! Nul ! et Nul…

    Finalement, quand on y réfléchit bien, la politique se résume à une seule passion : le goût du pouvoir ; et l’assouvir suppose que, par celui (ou celle) qui l’éprouve, soient clairem[Lire la suite]
  
2006-2020 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :