Chronique de Narbonne, et d’ailleurs: « Et si le ciel était vide… »
Jeudi, nous étions, Martine et moi, au festival de Carcassonne. Une chanson interprétée par Alain Souchon, m’a touché. C’est le dessin de la semaine:
Jeudi, nous étions, Martine et moi, au festival de Carcassonne. Une chanson interprétée par Alain Souchon, m’a touché. C’est le dessin de la semaine:

A la galerie Anne-Marie Jaumaud, jusqu’au 31 août une très belle exposition donne la parole à deux artistes Narbonnais, Laurent Bonneau et Jean-Christophe Alix.
Laurent Bonneau expose 50 vues de Narbonne, des dessins originaux reproduits dans son livre qui paraît en ce moment même aux éditions Passé Simple, Narbonne par Bonneau. Une écriture précise intelligente ; des lieux, des espaces de Narbonne, des plus célèbres aux plus anodins. On est toujours impressionné par le travail de Bonneau, quelle que soit la forme qu’il prenne. Ici du côté de l’archiviste, du vedutiste.

Priver le carnage niçois de toute signification politique, au prétexte que son auteur, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, était instable psychiquement, nous place devant notre incapacité à envisager sérieusement la force spécifique de Daech, rappelle Jean Birnbaum, responsable du « Monde des livres ». Son texte, publié dans la Matinale du Monde du 20 juillet, sous le titre: «Pour des esprits rationalistes et sécularisés, tout fou de dieu est un fou tout court», en intégralité ci -dessous:

Lundi, peu avant midi, place de l’hôtel de ville. Un petit « groupe de personnalités locales et d’élus » se forme devant le grand portail du Palais des Archevêques. Des membres de la police nationale et municipale se dirigent, et se positionnent, de l’autre côté de la portion de Voie Domitienne ouverte au public. Je les rejoins, et me place face à l’entrée de l’hôtel de ville. Didier Mouly et Jacques Bascou en sortent. Côte à côte, théâtralement.

Sur une suggestion de mon ami Alexandre Moatti, l’intégralité¹ (format PDF) de la nouvelle « Rhinocéros » (1959), du maestro Ionesco. L’allégorie d’un totalitarisme rampant. À lire et relire.
L’entame:
« Nous discutions tranquillement de choses et d’autres, à la terrasse du café, mon ami Jean et moi, lorsque nous aperçûmes, sur le trottoir d’en face, énorme, puissant, soufflant bruyamment, fonçant droit devant lui, frôlant les étalages, un rhinocéros. A son passage les promeneurs s’écartèrent vivement pour lui laisser le chemin libre. Une ménagère poussa un cri d’effroi, son panier lui échappa des mains, le vin d’une bouteille brisée se répandit sur le pavé, quelques promeneurs dont un vieillard, entrèrent précipitamment dans les boutiques. Cela ne dura pas le temps d’un éclair. Les promeneurs sortirent de leurs refuges, des groupes se formèrent qui suivirent du regard le rhinocéros déjà loin, commentèrent l’événement, puis se dispersèrent.