𝐋𝐚 𝐪𝐮𝐞𝐫𝐞𝐧𝐜𝐢𝐚 𝐝𝐞 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐒𝐨𝐮𝐫𝐠𝐧𝐞𝐬.

Samedi. Ou peut-être jeudi. Je terminais mon tour de ville. À hauteur du café « Le Duplex », je pensais à Pierre.

Depuis des jours, son absence devant le Kiosque creusait un vide sur la terrasse. C’était sa querencia. Pierre s’ancrait là sur sa chaise haute pour retrouver ses forces. C’était son terriroire de résistance contre la maladie.

Penché sur ses mots croisés, il y retrouvait ses repères. À cette table, il n’était pas un homme qui partait, mais un homme qui habitait l’instant.

« Tu es encore là ? Content de te voir. »

Il avait souri. Un sourire immense, bienveillant, qui semblait vouloir compenser la ruine du reste. Sa voix était sortie, caverneuse, sombre, arrachée à des cordes vocales brûlées. Une voix de profondeur, qui donnait à ses paroles un poids immémorial.

« Encore ! »

J’ai appris sa mort tout à l’heure. L’appel est tombé alors que je n’étais qu’à quelques mètres de son refuge. Il était 16 heures. Les rideaux de fer étaient tirés. Les parasols pliés ressemblaient à des sentinelles au repos. La terrasse était vide.

La querencia était là, mais son centre de gravité avait disparu.

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