Contre-Regards

par Michel SANTO

Nos députés sont des rentiers !

 

 

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Quelle aubaine pour les marchands de nouvelles ce déballage patrimonial quotidien ! On ne parle que de ça dans les cafés, les cantines et les bureaux. Comme un lundi de ses trouvailles, un dimanche, dans un « vide-grenier » ! Déballer, étaler ! Rien n’y fait. Pour l’avoir vérifié, ça fait plutôt rire sur les marchés. « Vous les croyez, vous ? ». Passons ! Moi, ce qui me frappe surtout c’est le compte en banque de nos députés. Rien, ou presque. Fumeraient-ils leurs billets ? Et surtout leur épargne, toute dans l’immobilier. Rien dans les entreprises ! Un indice de leur confiance dans les « producteurs de richesses ». Sensés gérer le présent et notre avenir, ministres et députés investissent dans la pierre. Comment s’étonner ensuite que le commerce et l’industrie soient si peu prisés par les français. Marx déjà l’avait dit, la France est un pays de rentiers où le « bourgeois »  n’y rêve que de terres et de châteaux. Un diagnostic toujours d’actualité…

Une éruption de moraline, qui , en vérité , est une très maligne combine…

imgres-1-copie-7On n’effeuille pas que des marguerites en ce printemps pluvieux où fleurent des parapluies dans des mains émérites. De nos ministres et députés, irrésistible comme grande marée, une déferlante de probité, républicaine et spontanée, les entraîne à déclarer, et dans la presse étaler, des « avoirs » jusqu’ici classés dans de discrets tiroirs.

Le symptôme alsacien ! Un de plus…

 

 

 

 

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Ce dernier weekend, un fait d’une extrême importance, en Alsace a eu lieu, et nos commentateurs, que nous dirons « cahuzaqués », depuis, dédaigneusement, semblent l’ignorer. Ou le minorer ! Les alsaciens,en effet, par voix référendaire, ont rejeté l’ambitieux et profitable projet de simplifier le « mille feuilles » de leurs collectivités. Un absurde système qui coûte cher en impôts et bureaucratie ; en petites et grandes corruptions aussi, « organisées » par de non moins grands et petits « féodaux », principalement  soucieux de leurs rentes et de leurs seuls intérêts. Chez eux, comme chez nous évidemment ! Echec donc de l’appel au peuple et de la démocratie directe sur un sujet dont tout le monde pourtant s’accorde à dire qu’il est de première nécessité, gâchis historique surtout, qui interroge sur les limites de la démocratie et sur la gouvernabilité de ce pays. Un symptôme de plus qui montre à quel degré d’irresponsabilité collective nous sommes arrivés. Pas vraiment de quoi être fier ! Déjà que, du monde entier, on se gausse de notre arrogante vanité ,ces jours ci malmenée, manquait plus que cette farce de démocratie participative pour l’achever. Pour l’achever est sans doute exagéré, d’autres sans doute viendront parfaire cette lamentable tendance à se complaire dans le désir d’immobilité tout en chantant l’envie de tout changer. Pas de quoi rire, vraiment !

 

Effet papillon et effet  » Cahuzac  » !

 

 

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Les nuits élyséennes et ministérielles doivent être en ce pluvieux printemps qui ne vient jamais particulièrement agitées. Le syndrome Cahuzac , de notoire expertise suisse, ne serait que  la première attaque d’un virus dormant aux effets dévastateurs sur les centres nerveux d’organismes  » génétiquement  » programmés pour exprimer la haine de l’argent et l’amour des pauvres. Ceux de cette espèce en sont la proie rêvée ; il n’est pas besoin ici d’insister, la doxa idéologique prégnante ne considérait-elle pas jusqu’alors , qu’à droite seulement cette redoutable « viralité » menaçait pour toujours la bienheureuse harmonie, qu’en République, seule la gauche et pour l’éternité serait capable de réaliser ? A la réflexion, on se dit, que la théorie du chaos offre quelques lumières pour comprendre cette déflagration politico-morale aussi soudaine qu’inattendue; dans cette sphère du champ politique tout particulièrement. A tout le moins pour ce qui concerne la relation entre les conditions de sa naissance et l’importance dévastatrice de ses effets dissipatifs. Le battement d’ailes d’un papillon, pauvre bête, comme ceux très souvent à l’origine des tempêtes tropicales, en l’occurrence et heureusement pour lui, n’y est pour rien. Seul un court enregistrement téléphonique quasiment inaudible repéré à Villeneuve sur Lot, est à la source de ce tsunami politique dont les vagues nous emmènent à ce jour, en passant par la Suisse, jusque dans des édens fiscaux situés à Singapour. Avec des relances attendues dans les jours qui viennent dans des directions et vers des « terres » pour l’heure inconnues…Quoiqu’il en soit des dégâts attendus et des digues provisoires  en Hollandie urgemment  élevées, un immense chantier de reconstruction va devoir être lancé, afin, pour l’avenir, se prémunir contre ce genre de cataclysme aux origines désormais repérées. L’abattage de seuls «  boucs émissaires » ne pourra satisfaire longtemps, en effet, un peuple abasourdi, pour ne pas dire hébété, et encore sous le choc d’une violence symbolique qui, en concentré, le saura-t-il jamais? git en toute  société…

 

La société du spectacle est dépassée !

 

 

 

 

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La société du spectacle est dépassée ! Ne serions nous pas plutôt dans celle du jeu et du mensonge ? Une société dans laquelle le pari semble posé au principe de nos existences. C’est l’idée qui me venait ce matin en pensant aux dernières affaires qui agitent notre moment présent. Le hasard, en maître absolu de nos petites histoires, ne seraient-il pas celui qui par beaucoup serait absolument désiré ? Ne s’imposerait-il pas finalement à des esprits pourtant fabriqués au seul calcul mathématico-physique ? Des esprits apparemment réfractaires à toute logique, si je puis dire, de l’irrationnel. Un comble dans nos sociétés hyper matérialistes ! Un paradoxe absolu. Et pourtant ! Les foules rassemblées sur les champs de course, devant les bureaux de tabac et leurs ordinateurs suffiraient pour en démontrer la banale réalité. Mais, allons plus loin ! Et demandons nous s’il n’y a pas de cela aussi dans d’autres secteurs beaucoup moins prosaïques de notre société. En politique, par exemple, DSK et Cahuzac, ne seraient-ils pas, après tout, les prototypes mêmes de ces grands parieurs devant notre éternel commun. Voilà deux hommes, très riches et dotés de talents que personne  n’ignore, deux rationalistes bardés de certitudes intellectuelles, idéologiques, deux financiers de haut vol (!), et qui pourtant ont tout risqué de leur vie en la misant sur le seul pouvoir du mensonge. Comme si le gain fou de se jouer des hommes et de leur commune société uniquement comptait ; et fournissait la preuve de leur totale impunité. La preuve qu’on peut se mesurer au hasard, un autre nom de Dieu, et sur lui l’emporter. N’est ce pas aussi ce qu’il advient au Grand Rabin Bernheim qui, à son Dieu et ses préceptes, vient d’offrir, à son corps et son esprit, hier encore défendants, son sacrifice en pénitence de ses plagiats et mensonges. Allongeant ainsi la liste des romanciers, politologues et philosophes pillant sans compter et, pour certains d’entre eux, se comportant en « négriers ». Quant à nous chers lecteurs, qui n’osons l’avouer, en conscience, qui peut dire : « je n’ai jamais joué, et n’ai jamais parié ! »  Quelques lignes lues ce matin ont suscité cette petite et sans doute très maladroite méditation. Celles de la page 64, dans le livre de Denis Grozdanovich « La puissance discrète du hasard » Denoël. Les voici : « L’existence du jeu affirme de façon permanente, et au sens le plus élevé, le caractère supra logique de notre situation dans le cosmos. Les animaux peuvent jouer, ils sont donc plus que des mécanismes. Nous jouons, et nous sommes conscients de jouer ; nous sommes donc plus que des êtres raisonnables, car le jeu est irrationnel. » Bon dimanche et bonnes lectures !

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