Au procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty, un avocat a parlé. Il n’a pas défendu. Il a sali. Dans le prétoire, lieu de droit et de mesure, l’infâme a trouvé une voix. Des mots pour déplacer la faute. Des mots pour suggérer. Sous la robe, l’excuse morale du crime affleure.
Davos n’a pas fait « reculer » Donald Trump. Il a simplement rappelé que l’Europe parle quand l’Amérique décide.
L’Union européenne reste structurellement dépendante. Militairement d’abord. Sans les États-Unis, l’Ukraine ne tient pas. Les faits sont là : Zelenski négocie aujourd’hui un cessez-le-feu à Abou Dhabi avec Washington et Moscou, pas avec Bruxelles. Une OTAN sans les États-Unis n’est pas une alliance, c’est une hypothèse théorique.
Dépendance technologique ensuite. Services numériques, cloud, semi-conducteurs, intelligence artificielle : l’Europe consomme, régule, mais ne maîtrise pas. Elle sanctionne les plateformes américaines tout en vivant sous leur infrastructure. La souveraineté proclamée ne compense pas l’impuissance industrielle.
Économiquement enfin, l’Europe est tout sauf un bloc. Le vote du Parlement européen contre Mercosur le montre crûment. Il fragilise le cœur industriel du continent, à commencer par l’Allemagne, qui pousse à une application provisoire de l’accord pendant que la France s’y oppose frontalement. Unité de façade, intérêts divergents, stratégie absente.
Dans ce contexte, parler d’un « recul » de Trump relève de l’autosuggestion. Trump ne cède pas à l’indignation morale, mais aux rapports de force. Or l’Europe n’en construit aucun : ni militaire, ni technologique, ni commercial.
Tout s’est d’ailleurs conclu comme toujours : par une négociation directe entre Donald Trump et Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN. Preuve supplémentaire que, derrière les tribunes et les récits, les décisions se prennent ailleurs.
Le vrai danger n’est pas la brutalité de Trump. C’est l’illusion européenne de compter sans pouvoir. Se raconter des victoires symboliques à Davos pendant que les décisions se prennent ailleurs. Le déni stratégique est plus confortable que la lucidité. Il est aussi plus dangereux.
L’Europe s’efface derrière ses dossiers. Un document vient de paraître, préparé en vue d’un sommet informel de l’UE en février. Berlin et Rome y parlent d’une seule voix. C’est un constat sur nos propres murs.
Dans un journal local. Une ville parmi d’autres. Le candidat de la gauche unie parle. On lit sa déclaration. On n’y trouve que des vieux mots. Accuser le maire de gouverner pour un « carré d’amis » appartient au décor usé. Ces phrases font du bruit, mais ne décrivent rien.
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