Contre-Regards

par Michel SANTO

Est-il encore possible de faire campagne?

Pourquoi n’est-il plus possible de faire campagne en France? Comment  imaginer en effet une concurrence programmatique gagée sur croissance et dépenses publiques dans un contexte où la perte du triple A de la France ferait exploser le plan de sauvetage de la Grèce et conséquemment l’Euro? L’analyse de Jean Marc Daniel:

Lire n’est pas une activité de loisir.

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A cet ami qui me demandait les raisons de mon appétit de lecture, je ne saurais mieux répondre que ceci:

« Lire n’est pas une activité de loisir. Lorsqu’elle le devient, lorsqu’elle est ainsi perçue, tout le sérieux de la littérature est bradé. Mais c’est aussi la vie qui se trouve solidairement diminuée, amputée d’une dimension essentielle. – Pourquoi établissez-vous ce lien ? Nous ne parlons que des livres, il me semble ? D’ailleurs, ne dit-on pas que la vraie vie est ailleurs ? – C’est justement toute la question : pour saisir la « vraie vie », pour tenter de s’y repérer, de tenir debout et de marcher dignement, la littérature (au sens large, pas seulement le roman) est indispensable. Pour avancer dans la nuit, on a besoin de torches, de lumière. De même, la vie demande à être éclairée, à devenir, autant qu’il est possible et permis, lisible. Si l’on ne conçoit pas ce lien comme une nécessité, alors oui, on pourra considérer la lecture comme une activité distrayante, au même titre que la danse de salon ou la console de jeux. »  Patrick Kéchichian

Qui s’y frotte s’y pique, en effet!

La période actuelle est propice à la floraison de propos démagogiques, notamment dans le domaine économique et financier. Les Yacas et Fauquons occupent les plateaux de télé, les experts médiatiques rivalisent d’approximations et les candidats à la magistrature suprême promettent tout et son contraire ( souvent en tout cas! ).

Aussi vais je me permettre, de temps à autres, ce genre d’intervention afin de décrypter, avec de bons spécialistes, des propositions, des affirmations ou des analyses aux conséquences ignorées, au mieux , ou cachées , au pire .

Commençons donc par cette idée de réformer la fiscalité locale et par la solution imaginée par F.Hollande présentées ici par Pierre Tarly ( qui fut un temps directeur de cabinet de Michel Rocard ). Avec au passage un micro cours sur notre histoire fiscale et les rapports entre Etat et Collectivités, le tout en 4 minutes. Remarquable!


Impôt local sur le revenu : qui s’y frotte, s’y… par debateco

Personne ne ment autant que l’homme indigné!

   
Nietzsche qui parfois voyait juste, avait mis en garde : « Personne ne ment autant que l’homme indigné » (Par delà le bien et le mal). Un homme qui, passé un certain âge, n’est plus seulement dans le mensonge, mais dans l’imposture. Quand on a 17 ans, on peut mentir par ignorance et idéalisme. A plus de 80, non ! Au premier, je lui reprocherais de ne pas l’être. Le second, vieux routier de la politique, me scandalise. Lui, sait ! Il sait pour qui il roule, mais ne le dit pas. Il sait que la rage, la vraie, c’est contre plus de trente ans de gabegie budgétaire qu’elle devrait s’exercer. Il sait aussi notre arrogance bien française à s’en prendre à l’Europe quand elle nous sermonnait sur nos dépenses publiques. Comme il sait à présent qu’elle seule peut nous sauver du désastre. Il sait encore qu’on ne peut reprocher à des prêteurs de se soucier d’être remboursé et de douter des capacités des Etats à y faire face. Il sait enfin que si ces « abominables marchés » s’invitent dans le débat présidentiel ce sont la gauche et la droite confondues qui en sont responsables. Comme il sait que nous n’avons plus d’échappatoire possible aujourd’hui : Moody’s vient de mettre la France sous surveillance et tout ce qui dorénavant sera dit et proposé par nos candidats sera évalué et sanctionné par cette agence de notation. Voilà ce que masque sous ses airs de vieil homme narcissique et satisfait un Stéphane Hessel et tant d’autres enchanteurs de rêves. Et qui m’indigne ! Au plus haut point.
 
 
 

La politique de l’autruche.

 

 

 

Ne tournons pas autour du pot et disons les choses nettement. Ce qui est à l’ordre du jour, dans l’agenda des dirigeants européens, ce n’est pas moins d’Europe comme le prétendent Mélenchon et Le Pen, mais plus. Plus d’Europe par la mise en place d’un véritable pouvoir fédéral budgétaire et fiscal. Ce qui évidemment passe par la révision des traités européens. La conséquence : la perte de souveraineté des Etats au profit d’une entité européenne autonome et souveraine capable de les empêcher de faire des bêtises. De celles que nous payons aujourd’hui au prix fort après avoir laissé filer les déficits publics en Grèce, Irlande, Espagne, Portugal. Et qui demain, si rien n’est fait en France pour assainir nos comptes, nous entraînera dans la même spirale récessive. En regard de cette situation, le budget 2012 n’est évidemment pas rassurant, et les marchés sauront bientôt nous le faire savoir. Deux chiffres seulement : toutes proportions gardées, les recettes de l’Etat s’élèvent à 300 euros et nos dépenses à 400, qu’il faudra majorées de 30% l’année prochaine ! Pendant ce temps, nos éditorialistes et faiseurs d’opinion amusent la galerie en nous faisant croire que le seul débat intéressant est de savoir si Hollande est compatible avec Bayrou, Joly et Mélenchon réunis et réciproquement. Quant à nos politiques, leur seul souci est de savoir comment garder ou conquérir le pouvoir. Au bord d’une catastrophe économique et sociale, comme toujours en France, on pratique la politique de l’autruche. L’histoire ne nous apprend décidemment rien ! Désespérant ! 

 

 

 

 

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