Contre-Regards

par Michel SANTO

Le travailleur chinois fait la paye du fonctionnaire français.

 

 

 

 

 

Que les 2,4 millions fonctionnaires d’Etat se rassurent, ils seront bien payés en décembre. Mais le gouvernement peine à trouver les fonds nécessaires. Et pour cause, les dépenses de l’Etat des deux derniers mois de l’année ne  sont pas couvertes par ses recettes propres. Mais, grâce au ciel et aux épargnants du golfe et de la Chine et des retraités américains, le bouclage financier sera quand même assuré. Un des effets de la mondialisation peu connu mais bien réel : Une partie des  2/12 ème de la rémunération annuelle de nos fonctionnaires (de nos dépenses de fonctionnement plutôt) dépend de l’épargne accumulée (certes de force) par les travailleurs chinois !…

 

Résumons la situation dans laquelle nous nous trouvons pour comprendre cet étrange phénomène !

 

Premièrement, la France n’a plus de « bijoux de famille » à vendre pour réduire massivement la dette publique. Ceux qui restent ne valent plus que 214,4 milliards d’euros. Et quand bien même l’Etat français vendrait la Joconde, le château de Versailles, l’Elysée et que sais je encore, il n’arriverait même pas à rembourser son stocks de dette.

 

Deuxièmement, en 2010,  la  charge d’intérêts de la dette devrait avoisiner les 3 % du PIB, soit environ 0,5 point de plus que la croissance en valeur (c’est-à-dire la progression annuelle du PIB augmentée de l’inflation). Autrement dit, ce sera la troisième année consécutive que la France ne générera pas assez de croissance pour simplement couvrir les intérêts de sa dette publique. Pour payer ces derniers, il faudra donc encore augmenter la dette publique !!!

 

Et enfin troisième point, la dépendance du Trésor français vis-à-vis des investisseurs étrangers. 70% des  OAT (Obligations Assimilables du Trésor) est détenue par des non-résidents (Chine, Pays du Golfe, USA…) Un niveau comparable à celui observé en Grèce et largement supérieur aux 50 % enregistrés en Allemagne, notamment.

 

Conséquences ? Notre dépendance à l’égard des agences de notation. Aujourd’hui, elles nous gratifient d’un triple A. Bien ! Et les taux demandés à la France sont bas : 4%. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?  Question de confiance qui, demain, pourrait devenir une question de défiance si on suivait le raisonnement de ceux qui voudraient encore augmenter les dépenses publiques. Avec, à la clef, in petto, comme en Irlande, un doublement exigé des taux d’intérêts par nos non-résidents. Pas besoin de faire ici un dessin des effets en chaîne (baisse de l’investissement, donc moins de croissance, moins d’emplois, plus de déficit et plus de dette.)

 

C’est à l’aune de ces réalités toutes simples qu’il convient donc d’évaluer les propositions politiques des partis de gouvernement. Une manière toute simple aussi d’évaluer le taux de démagogie dans le discours politique quotidien. A vue de nez, il n’est pas très loin de 70%.

 

Le monde des  » pas lavés « .

 

Il paraît qu’un nouveau mouvement écolo s’amorce. Celui des « pas lavés » ( unwashed ). L’information nous est donnée par le New York Times du 29 octobre et Dominique Lecourt la commente dans la Croix de ce jour. La vision de ces activistes d’une pure nature serait de ne pas en contrarier l’ordre et de commencer tout d’abord par économiser son bien le plus précieux : l’eau. Une douche par semaine et un shampoing par mois figurent donc naturellement à leur programme. Viennent ensuite les antitranspirants. Cancérigènes, ils seraient à proscrire de nos toilettes matinales. De plus, leur usage inconsidéré alimente les profits d’une grande industrie qui a tout intérêt à entretenir nos angoisses d’ odeurs corporelles désagréables. Chacun d’entre nous ayant son parfum naturel, il n’aurait pas lieu d’en avoir honte nous disent en effet les « pas lavés « . Bien! le problème est qu’à suivre ces radicales recommandations, on , passez-moi l’expression, pue. Imagine-t-on en effet le métro parisien, aux heures de pointe, si ce mouvement vert contaminait les nôtres ( de verts). Enfin ce serait réduire le corps humain à sa seule dimension physique en oubliant que la toilette n’est pas synonyme de nettoyage.Et que l’homme n’est pas l’égal du singe. Comme son idéal n’est certes pas de transformer notre monde en monde de « crados »!

Croire aux miracles.

 

 

 

 

 

L’actualité qui nous est fabriquée et présentée par les médias me  » gonfle « , mais me gonfle à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Entre les deux  » Karachi « , qui assurent la promo de leur bouquin ; Villepin, qui en rajoute une couche pour l’enlever le lendemain; le PS, qui crie au scandale pour faire oublier ses divisions; Mediapart, qui se fait piquer ses ordinateurs tous les jours ou presque; Joffrin, qui prétend tout savoir mais avoue ne disposer d’aucune preuve, Montambour, qui s’en va-t-en-guerre et Pulvar qui quitte I Télé; Devedjian, qui fustige Jean (le fils) et flatte Nicolas ( son père); Act Up, qui de Benoît ( XVI) voudrait qu’il soit homo, et la météo, qui nest pas bonne, je ne sais pas vous, mais moi l’envie me prend de tout éteindre et brûler pendant tout le temps qui me reste encore à vivre. Jusqu’à Noël en tout cas. Après, j’attendrai jusqu’à Pâques. Peut-être alors une vraie parole se fera entendre. Il n’est pas interdit de croire aux miracles…

20/20, pour tous!

 

Vingt personnalités signent un appel (accessible sur Internet à l’adresse www.suppressiondesnoteselementaire.org) pour réclamer la disparition des notes à l’école élémentaire (du CP au CM). Parmi les signataires, Daniel Pennac, Marcel Rufo, Michel Rocard ou encore Axel Kahn. Ils estiment que « ce système de notation, et l’obsession du classement, crée dès l’école élémentaire une très forte pression scolaire et stigmatise les élèves ». Avec pour conséquences, toujours selon eux : « fissuration de l’estime de soi, absence de valorisation, détérioration des relations familiales et souffrance scolaire ». Après le sexe, la couleur de la peau, la religion, les prénoms et les noms, les quartiers de résidence, les collèges et les lycées de scolarisation, le métier exercé, le statut de chômeur, celui de r-émiste, de femme au foyer, d’obèse, d’anorexique, de… de…, voici à présent la note à l’école élémentaire présentée comme une « technique de gestion sociale » stigmatisante à la limite de la torture psychologique. Ce qui, en effet, est proprement scandaleux. Aussi, en attendant   que ces victimes soient enfin reconnues et correctement indemnisées par nos tribunaux, je suggère à ces éminents spécialistes de proposer au nouveau Ministre en charge de l’éducation de nos chers enfants, la distribution universelle et obligatoire de la seule note 20/20. A tous les élèves, dans toutes les matières et pour tous les devoirs. Devoirs! J’ai dérapé, zut! Pardon!

La société du divertissement.

 

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Depuis quelques semaines, on observe, sans vraiment s’y intéresser plus que de raison, la petite et vaine agitation politico-médiatique produite par l’annonce, aujourd’hui réalisée, d’un imminent remaniement ministériel. Trop tard, trop long, Borloo contre Fillon, Fillon contre Borloo… Bref, les commentaires ont plu et continueront à tomber encore pendant quelques temps. Inutiles et farfelus. Personne n’ayant voulu relever que Nicolas avait pourtant annoncé qu’il remanierait après la réforme des retraites. Ce qu’il a fait. Et qu’il continuerait sur la même voie. Ce qu’il vient de faire en renommant le premier ministre sortant. Tout, dans cette affaire, le fond comme la forme ressortit donc du non-évènement. Une sorte de vide politicien. Du rien néanmoins transformé par l’industrie médiatique, la vanité de quelques uns  et l’ennui de beaucoup en divertissement. Qui les occupe tous entiers et les dérobe à eux mêmes…

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