Contre-Regards

par Michel SANTO

Philippe Saurel, maire de Montpellier, joue la fusion du Languedoc-Roussillon avec Midi-Pyrénées

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Voilà une prise de position politiquement et intellectuellement courageuse. Courageuse et cohérente. Philippe Saurel , maire de Montpelier et président de l’Agglo , fait la démonstration qu’il est urgent aussi de renouveler notre classe politique à tous les niveaux de nos administrations publiques.

Il renvoie en quelques lignes les Bourquin et tous les installés de gauche et de droite à leurs archaïsmes ; il dévoile le profond conservatisme d’hommes et de femmes qui vivent leurs mandats comme dans l’ancien régime on vivait d’une charge …

Entretien avec Philippe Saurel, maire de Montpellier et de son agglomération : Comment réagissez-vous aux annonces de François Hollande ?

Nous vivons une période importante de l’histoire du pays. Je suis pour la modernisation de l’État, je ne combattrai donc pas cette réforme. Le fonctionnement des collectivités et l’organisation du territoire la méritent. Je suis donc favorable à cette réforme. On n’invente cependant rien. Relisez La France ligotée, écrit par Georges Frêche il y a vingt ans. Tout était déjà dedans. Il plaidait en faveur des grandes régions, des intercommunalités renforcées et de la disparition des départements.

Quel est votre sentiment sur la fusion entre le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées ?

La position de Christian Bourquin est cohérente : il défend le territoire sur lequel il a été élu. Moi, je ne suis pas opposé à cette fusion. Et je vais me battre bec et ongles pour que Montpellier ne perde pas sa place.

Qu’envisagez-vous ?

Un pôle métropolitain avec des communes qui restent souveraines. Il est vital que Montpellier devienne une métropole aujourd’hui. Vous n’y étiez pourtant pas franchement favorable ? Je ne veux toujours pas d’une métropole autoritaire. Le transfert d’Agglo à métropole doit se faire à territoire identique, dans le respect des communes. Je fais mienne la phrase de François Hollande : « Les communes doivent rester les petites Républiques d’une grande République. » Les maires doivent garder la maîtrise de l’urbanisme et de leur PLU. Je l’ai proposé aux maires de l’Agglo.

Mais si la loi l’interdit ?

Ce sera négociable, on trouvera un règlement. Je soumettrai au conseil d’Agglo d’ici fin juin une délibération sur le principe du passage en métropole. Les communes auront jusqu’à fin 2014 pour délibérer afin que l’on puisse voter à l’Agglo début 2015. La métropole doit se faire, sinon on regardera passer les avions depuis Blagnac.

Le statut de capitale régionale sera-t-il perdu ?

Il y aura deux grandes villes dans la grande région. Je propose qu’il y ait deux capitales régionales. On peut garder le rang de capitale politique et administrative, Toulouse sera la capitale économique. 14 régions et toujours 22 capitales, ce n’est pas le sens de l’histoire… Et la Bretagne seule, c’est le sens de l’histoire ? Il faut que Montpellier garde son droit à la parole. Dans cette affaire, il faut avoir à la fois le sens de l’État, et je le montre en approuvant cette réforme, et le sens de son clocher.

Quelles compétences des conseils généraux pourriez-vous récupérer ?

C’est trop tôt, ça dépendra de l’avenir des départements, de la loi, etc. Et il faudra que nous parlions avec Martin Malvy (président du conseil régional de Midi-Pyrénées, NDLR). Nous avons eu un premier contact à Rodez lors de l’inauguration du musée Soulages, le courant est bien passé. De toute façon, seules l’intelligence et la négociation doivent prévaloir. Sinon, nous, les maires, serons très désarmés face aux cartographes qui découpent depuis Paris.

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Commentaires (9)

  • Ros-Catala

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    avec une bonne négociation les choses nouvelles sont bonne a faire Mr Saurel saura mettre en bonne position Montpellier et Toulouse Axe Nord Sud important……un dynamismes se construit!!!!!….

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  • Ros-Catala

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    une bonne négociation fera que Montpellier a sa place dans l axe Nord Sud Toulouse Aussi Il va falloir bien négocier Mais Mr Saurel a une bonne approche pour sa ville tout en s adaptant au projet et au développement indispensable pour le bien de notre ville…..

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  • Ganymède

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    Même les cartographes et démographes pourtant acquis au PS comme H.Le Bras sont contre….alors qui dit vrai ?
    Moins de cols blancs,fumeurs et glandeurs sur le parvis Charles De Gaulle en attendant le prochain cocktail, ça ne fera pas de mal à nos finances !!!

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  • le zéroécolo

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    F Hollande souhaite mettre les grandes régions en place! Soit!
    Il faut peut être le faire dans un cadre démocratique!! NON dictatorial!!!!
    Si j’approuve le rapprochement des régions, il faut qu’il y ait un lien économique, géographique ou culturel! Midi/Roussillon n’ont aucun lien.
    Le Comté de Toulouse n’a jamais inclus le Languedoc Roussillon.
    La région de l’Arc méditerranéen est bien plus judicieuse que Midi/Roussillon. Les problématiques de gestions du territoire sont identiques, l’histoire y est commune…..
    Nous devons réfléchir pour diviser la France, la précipitation n’est que gabegie financière et ne portera rien de positif à l’ensemble des populations. Par contre, il est urgent de remettre sur la table les compétences sur les institutions, c’est cela la véritable révolution ou avancée. Pas la fusion sous la jambe…….

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    • Michel Santo

      Michel Santo

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      Le comté de Toulouse n’a jamais inclus le Languedoc Roussillon ? Ah bon ! pour le Roussillon certes , ce n’est que plus tard qu’il a intégré le royaume de France . Mais pour le reste…
      Durant l’existence du Comté de Toulouse, les frontières vont sans arrêt évoluer au gré des intrigues politiques autour du comte. Il n’est pas rare que le comte porte des titres à rallonge pour en imposer sans pour autant avoir le contrôle sur les territoires revendiqués. Dans la capitale, Toulouse, des terres sont encore aux mains du Vicomté de Toulouse apparu quelques siècles auparavant et existant encore au xiie siècle19. D’autres fiefs se comportent de manière autonome, les vicomtés de Bruniquel, de Monclar, de Caussade, de Saint-Antonin, de Turenne20 et la Seigneurie de Gourdon21. Les Comtes de Foix et de Comminges doivent prêter hommage aux comtes toulousains pour plusieurs fiefs situés notamment dans la basse vallée de l’Ariège pour les premiers et dans le Bas-Comminges pour les seconds. C’est aussi le cas du puissant Évêque de Cahors qui n’hésite pas à soutenir le parti des rivaux d’Aquitaine. À partir de Raymond IV, le comte de Toulouse va porter le titre de Comte de Rouergue, bien qu’il ne contrôle pas la totalité du Comté qu’il partage avec le Comte de Rodez totalement indépendant. Les comtes toulousains ont le contrôle de la basse vallée de l’Aveyron et du Viaur. Dans l’Albigeois, ils ont une autorité à Rabastens, à Gaillac et à Castres et ont l’hommage pour les vicomtés de Lautrec et d’Albi. À l’est, les comtes de Toulouse possèdent le Marquisat de Gothie, qui deviendra le Duché de Narbonne, depuis le ixe siècle, mais à l’intérieur l’autorité est contestée. À commencer par la famille Trencavel qui y possède plusieurs vicomtés, à Narbonne le pouvoir est partagé avec l’archevêque, la Seigneurie de Montpellier s’allie avec le Comté de Barcelone pour préserver son indépendance. Le Comté de Mauguio est lui vassal du Pape depuis 1085. En Provence, ils possèdent Tarascon, Argence et Beaucaire, surtout ils prennent le titre de marquis et en 1163 le Dauphiné rentre même dans la mouvance.

      À partir de Raymond V, les comtes vont reprendre en main certains vicomtés par peur d’être pris en tenaille par les Roi d’Aragon. À commencer par les Vicomtes de Toulouse qui possèdent plusieurs terres dont Bruniquel et Monclar, qui sont alliés au Roi d’Aragon et qui peuvent contrôler une partie des marchandises qui passent dans la capitale des comtes. En 1175, s’ouvre une crise dynastique dans le domaine des Vicomtes de Toulouse. Le comte de Toulouse en profite pour en prendre le contrôle, mais s’ouvre un conflit qui va tourner en faveur des Toulousains en 1178. Les Vicomtés de Bruniquel et Monclar sont rattachés au domaine comtal et celui de Toulouse disparait24. La lutte pour les Vicomtés de Nîmes et d’Agde tourne aussi en faveur des Toulousains qui prennent le titre de comte de Nîmes. Le comte de Toulouse parvient aussi à s’emparer du Comté de Mauguio de par le mariage de son fils avec la comtesse et un conflit avec le fils de celle-ci25. Raymond VI continue la politique de son père, en quatrième noce il épouse Jeanne d’Angleterre qui lui permet de contrôler l’Agenais et le Quercy à la place des Rois d’Angleterre. Le Roi de France lui donne Figeac en fief. En avril 1204, les Vicomtés de Millau et du Gévaudan sont transférés au comte de Toulouse26, néanmoins la croisade fait perdre le contrôle de ces deux fiefs et ce n’est qu’en 1222 que le Vicomté de Millau rentre progressivement dans le domaine comtal alors que celui du Gévaudan passe sous contrôle direct du Roi de France. Cette croisade va aussi faire perdre le Comté de Mauguio en avril .

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  • Gauthier LANGLOIS

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    Merci Michel Santo pour cet article et je confirme les faits mentionnés dans ta réponse à zéroécolo. Les liens entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sont multiples et l’ensemble coïncide effectivement en grand partie avec le comté de Toulouse. Voir mon article http://paratge.wordpress.com/2014/06/06/la-fusion-du-languedoc-roussillon-et-de-midi-pyrenees-quel-nom-quelle-capitale-et-quel-embleme-pour-cette-region/

    Mais quel que soit le projet de découpage, la difficulté va être de trouver pour le pouvoir politique actuel ou celui qui lui succèdera un consensus le plus large possible. Pas gagné sachant que tous les découpages proposés et notamment ceux proposés par Balladur et Hollande sont rejetés par une majorité de Français alors que ces mêmes français semblent pourtant favorable au principe d’une telle réforme.

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