Place du Forum, la préservation de la biodiversité, celle de la nature et celle des mots étaient à l’étude, s’exposaient…

   

Hier matin, j’ai passé un petit moment, place du Forum, au milieu de jeunes filles et de jeunes  garçons du Lycée Beauséjour. Ils l’animaient gaiement, avec leurs enseignants, sur le thème de la biodiversité et la protection de l’environnement. Les discussions étaient sérieuses, pour ne pas dire appliquées, autour « d’ilôts »  constitués sur un sujet précis (ex : la pollution des océans et des mers par les matériaux plastiques). Cela faisait plaisir à voir et me changeait du tintammare et des querelles quotidiennes sur ces questions, souvent violentes sur les réseaux sociaux et les médias de masse. J’étais, il est vrai, un des rares adultes à circuler à cet endroit devenu, par le plus grand des hasards, le centre informé et paisible des préoccupations d’un monde qui, lui, s’étripait, ce jour-là, dans les médias et à l’ONU. Mais quelle ne fut pas ma surprise aussi de tomber sur une « graineterie de mots »*. Un entremetteur était là qui invitait à semer et à déguster des mots ; des mots rares, des aromatiques, des sauvages, des beaux ou des étranges. 350 mots pour réapprendre à utiliser « prolixe, kyrielle, ou callipyge, pour ne plus dire putain merde mais zut, fichtre, diantre ou saperlipopette, pour parler latin avec des mea culpa ou des personna non grata et pour cultiver de beaux mots comme concupiscence et procrastination. » Une « idée », un projet qui « symbolise » et fait comprendre à ces jeunes lycéens que le combat pour la préservation de la biodiversité ne se limite pas à la nature, aux mers et  aux océans… Tous les domaines de la vie sont concernés, la culture en particulier. Des mots, des expressions, meurent… Et même si les dictionnaires, chaque année, s’enflent de mots nouveaux, une part de ceux qui constituent notre patrimoine, lui, hélas, fond… comme les glaciers. Je ne sais qui est à l’origine de ce  projet et de la venue de ce grainetier, mais, si, par un heureux hasard, il, ou elle, était amené à lire ce billet, c’est avec un grand merci que je l’accueillerai, pour, avec elle ou lui, conclure. Et demain semer ensemble autant de graines de mots qu’il est possible…

 

 

   

*A l’origine du projet, il y a « Les éditions du chiendent ». Nées en 2015, elles publient actuellement les travaux de Julien Berteaux, Johann Charvel, et de Peush. 

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Commentaires (1)

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    Johann Charvel

    |

    bonjour, merci pour le sympathique article, et au plaisir d’échanger !

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