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par Michel SANTO

Pour Delphine Batho, c’est les arbres (sujets de droit), ou la mort !…

Pour Delphine Batho, l’ancienne ministre socialiste de l’Environnement du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui, par lui, en fut aussi  promptement exclue : « On a le choix entre l’écologie et la barbarie ». (Une allusion à la célèbre revue de Castoriadis : « Socialisme ou Barbarie », pour bien montrer que, pour elle, la première option n’en était plus une pour l’Histoire en cours) Et de proclamer solennellement, en conséquence, avec ses amis, le 5 avril dernier et à l’Assemblée Nationale, qui délibère sous l’égide de celle de « l’Homme et du Citoyen », une «Déclaration des droits de l’arbre», au motif qu’il était « un organisme vivant » devant être « respecté tout au long de sa vie, avec le droit de se développer et se reproduire librement, de sa naissance à sa mort naturelle ». Bref, que l’Arbre (avec une majuscule !) devait être considéré comme un sujet de droit. Ce qui, nononbsant appel, ne peut pas ne pas être vécu, par les parasites qui le rongent, le roseau voisin qui le nargue ou l’oiseau qui y niche, notamment – à défaut de ne pas pouvoir être pensé –, comme une déclaration « scandaleusement » discriminatoire. J’observe, en outre, que cette avancée historique dans la reconnaissance de la dignité de tous êtres vivants n’est pas sans rappeler, paradoxalement, le statut des animaux au Moyen Âge. Du XIIIe au XVIIIe siècle, en effet, contrairement au droit d’aujourd’hui, ils portaient la responsabilité de leurs actes et étaient envoyés devant un tribunal humain pour y être le plus souvent sanctionnés. On attendait alors des bêtes, membres à part entière de “la communauté de Dieu”, qu’elles respectent les mêmes devoirs que les humains. À ce stade de ma réflexion, je dois avouer que si je porte plus d’attention, voire de respect, à certains êtres de la gent animale, ou végétale, qu’à nombre de ceux à laquelle j’appartiens, l’audace civilisationnelle de madame Batho, me fait néanmoins craindre le pire. Qu’un platane gravement blessé par un conducteur de voiture mort sous le choc envoie les rescapés de l’accident devant un tribunal, au pénal, pour « arbricide », fut-il involontaire, a de quoi inquiéter. Même si, dans cette idéale sylver-société, recevant d’un pin une pigne sur le crâne, on pourrait assigner à son tour son agresseur en justice, rien ne saurait jamais éteindre et compenser, les cris et les souffrances d’un parquet sous le joug de sauvages bipèdes. À cette aune, pauvres humains, les arbres et les bois n’auraient d’autre choix que de nous “faire la peau”. Cela dit, pour redescendre sur terre, il est quand même bon de savoir qu’en métropole, la superficie forestière progresse de 0,7 % par an, depuis 1980 et que la forêt couvre désormais 16,9 millions d’hectares, soit 31 % du territoire. 

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Commentaires (1)

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    cetace_jovial

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    En tout cas dans la Clape la superficie forestière recule.. Et en silence s’il vous plait.Le béton et le nucléaire sont l’avenir de la narbonnaise, Merci à nos brilliants decideurs qui pour certains furent, il n’y a pas si longtemps, en charge de protéger cet écosystème.

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