Que cache l’affrontement Valls Bianco sur la laïcité?

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Valls qui prend parti, au nom de la « laïcité », pour le camp de ceux qui veulent la destitution de Jean-Louis Bianco de la présidence de l’Observatoire de la laïcité, au motif qu’il  aurait signé des appels « y compris pour condamner le terrorisme », aux côtés d’organisations qui participent à un « climat nauséabond », et l’affrontement prend une dimension explosive dans les médias, en général, et dans le champ politique, en particulier, qui ouvre une nouvelle ligne de fracture, au sein même de la gauche. La réponse de monsieur Bianco ne s’est pas faite attendre, reprochant au premier ministre d’être allé un peu vite dans son souci d’affirmer « ses valeurs républicaines ». En réalité dans ce vrai-faux débat, s’affrontent deux conceptions opposées et asymétriques de la laïcité. La première, défendue et portée, principalement, par des « laïques » athées et/ou agnostiques, de toute obédience qui considèrent les religions comme l’expression d’un conservatisme au mieux réactionnaire, au pire criminel (la ligne du petit père Combes), qu’il convient de combattre sur tous les fronts. Marianne et Charlie Hebdo, chacun à sa manière s’en fait régulièrement l’écho. La  seconde qui, à l’instar de l’Observatoire, explique ce qu’est l’histoire de la laïcité,  son droit et son application concrète. Elle privilégie la liberté des cultes et la neutralité de l’État (la ligne Aristide Briand). Deux conception asymétriques, en effet, cette dernière s’appuyant sur le droit établit en 1905, ses décrets et circulaires depuis, et sa jurisprudence, tandis que la première est de nature essentiellement philosophique et idéologique. Le noeud du conflit politique étant la notion « d’espace public »  et sa neutralité qui, pourtant, en droit, est clairement définie. En effet, la laïcité est un principe constitutionnel qui juridiquement définit l’espace public comme l’ensemble constitué par l’Etat, les collectivités territoriales et tous leurs services publics. De sorte que dans la rue, au cinéma, à la terrasse d’un café, que sais-je encore, rien n’y personne ne peut interdire à quiconque de porter une kippa ou un foulard. La burka, oui, mais  pour des raisons d’ordre public, pas au nom de la laïcité. La laïcité est aussi, bien évidemment, une valeur de liberté qui rassemble des femmes et des hommes qui, quelles que soient leurs appartenances religieuses ou philosophiques, sont libres et égaux en droit. Comme le dit Bernard Cazeneuve dans un entretien au journal « La Croix » de ce jour:

Ce sujet, comme beaucoup d’autres, n’est pas abordé avec suffisamment de sagesse. Certains ont longtemps estimé que la religion était l’opium du peuple. Mais l’opium le plus toxique est l’ignorance, y compris l’ignorance des religions, de leur histoire, de leurs croyances. Aucune loi n’empêchera jamais un individu de croire ou de chercher un sens pour lui-même. La quête spirituelle, religieuse ou philosophique, est consubstantielle à l’humanité.

En même temps, on aurait tort de faire semblant d’ignorer, ou de sous-estimer, les offensives « symboliques » et politiques menées par les « nouveaux entrants » et certains courants de l’islam radical afin que des « arrangements » juridiques soient trouvés à leur profit… Un courant qui trouve des relais chez les partisans d’une société multiculturelle, au sens normatif du terme (le droit devant s’adapter à la culture de chacune des « communautés », selon leur terminologie, du « vivre-ensemble). Libération et le Monde, en sont les principaux vecteurs médiatiques! Mais, là encore, il convient de ne pas en rajouter, notre dispositif juridique étant suffisamment établit. Il suffit qu’il soit appliqué. Bernard Cazeneuve toujours:

La laïcité n’a pas à se durcir, mais à s’affirmer. Tout est déjà dans la loi. Il faut l’appliquer, sereinement, sagement, sans chercher à la détourner contre une religion particulière. Vouloir lancer une déclaration de guerre aux religions serait une erreur funeste

 
Lire aussi: « La laïcité, c’est une exigence de la raison inscrite dans la loi. » Par Régis Debray. Ici

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Commentaires (1)

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    Alphonse MARTINEZ

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    ‘Vouloir lancer une déclaration de guerre aux religions serait une erreur funeste » Qui a dit cela ?? Ce n’est pas les Français qui ont lancé une guerre de religion ,ni les peuples occidentaux , et pourtant cette guerre a bien commencé ,il faut l’admettre et ne pas faire lâchement semblant de ne pas comprendre . Il existe des faits, l’actualité est là pour ouvrir les yeux des quelques imbéciles qui ne veulent pas voir.

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