Contre-Regards

par Michel SANTO

Que faire de la plus grande nécropole romaine de la Narbonnaise découverte aux pieds du MuReNa ?

   

Dans un billet publié le 10 janvier (4000 « vues » à ce jour), j’informais mes lecteurs d’une découverte archéologique exceptionnelle sur un terrain jouxtant le musée régional de la Narbonne antique (MuReNa) *. Plus d’une centaine de tombes romaines, disais-je, gisaient là, attendant ce miraculeux coup de pelle d’une entreprise de terrassement oeuvrant pour le compte de l’aménageur public du futur quartier des « Berges de la Robine ». Et je posais la question (d’importance) : que faire de cette nécropole? La réenterrer, si je puis dire, ou « valoriser ce site en le transformant en un « parcours thématique et pédagogique » dans le prolongement et sous la responsabilité du MuRena ? Une dernière option qui n’est pas sans conséquences financières, notamment ; et un contexte et un débat qui n’est pas sans me rappeler celui, vif, qui avait opposé alors, jusqu’au sein du conseil municipal de Narbonne, les partisans de l’enfouissement du tronçon de la Voie Domitienne découvert à l’occasion de travaux engagés place de l’hôtel de ville, à ceux qui voulaient le conserver à l’air libre et le mettre en valeur. Tranché en faveur des seconds, l’histoire a démontré depuis tous les bénéfices touristiques tirés de cette prise de décision. Il est des « coups de pelle », parfois, miraculeux… »

Une question qui ne peut pas être évacuée d’un  seul et bref coup de « com » ou de plume, sans débat préalable, comme le fait la chargée de communication à l’Inrap pour le sud de la France, madame Cécile Martinez. Interrogée à ce sujet dans le journal local, ne nous annonce-t-elle pas, en effet, qu’au mois de mars, « le site devrait être recouvert ».  Que cette dame ait des raisons que la raison d’État impose, je peux le concevoir. Mais qu’elle n’en expose pas les considérants et ferme ainsi toute discussion publique sur  la valorisation patrimoniale in situ de cette découverte, voilà qui me semble outrepasser ses propres responsabilités. De sorte que je suis  curieux de savoir (et je ne dois pas être le seul) ce qu’en pensent les élus directement concernés  de la Région et du Grand Narbonne, notamment. Quant au maire de Narbonne, invité sur Radio Grand Sud FM (Radio Barques), samedi dernier, il s’est déjà exprimé sur le sujet et s’est montré ouvert à une réflexion concertée avec l’État et la Région, propriétaire du musée, sur le devenir et la valorisation de cette nécropole romaine.

Osons le débat ! Personne ne comprendrait qu’il soit enterré avant même d’avoir été ouvert…

*Lire aussi sur ce sujet L’Indépendant de ce jour.

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Commentaires (1)

  • fred

    |

    Bonjour Mr Santo et meilleurs vœux

    Je pense qu’il ne faut pas confondre les deux découvertes, majeurs, et les deux lieux, diamétralement opposés.

    L’une est une voie, en plein centre-ville, face à la mairie, lieu de grand passage piéton, donc au niveau touristique (et commerçant) oui, il y a un intérêt à ce qu’un tronçon soit a la vue de tous (sachant que la voie visible n’est pas l’originale mais date de la fin de l’Empire, la Via Domitia d’origine, du temps de la République est quelques mètres en dessous selon les guides bénévoles du Clos de la Lombarde).

    L’autre est une nécropole, un cimetière ne l’oublions pas, au milieu d’un futur quartier d’habitations, donc loin d’être un lieu de grand passage avec intérêt touristique (et commerçant) même si proche du futur Muréna, proche mais pas accolé. Il suffirait d’imaginer les futurs habitants se levant le matin, ou prenant l’apéro les soir d’été sur leurs balcons face à une nécropole ou de voir un ballet de touristes dans leur quartier ! je suis perplexe. De plus qu’il faudrait le protéger des pillages ou des dégradations.

    Si la découverte avait été un tout autre bâtiment, j’aurai été d’accord avec vous.

    Par contre qu’il y ait une reconstitution à l’identique ou presque avec les pièces les moins sensibles aux éléments extérieurs dans les jardins du futur musée pourquoi pas, oui même.

    Par exemple, au Musée d’Arles Antique, ils ont reconstitué l’ancien cirque (là où se déroulait les courses de chars) avec les végétaux qu’on trouvait à l’époque dans la région dans l’esprit des jardins romains selon Pline le Jeune, c’est l’Hortus. Et il est proche du site d’origine.
    http://www.arles-antique.cg13.fr/root/actualitesexpositions_hortus.html

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