Contre-Regards

par Michel SANTO

Qu’est ce que la poésie? selon Gil Jouanard.

images-1Si la musique peut être définie comme l’art d’assembler des sons (de manière harmonieuse ou dysharmonieuse, avec ou sans mélodie, avec ou sans rythme), si la peinture est celui qui consiste à donner forme à des couleurs ou des couleurs à des formes (pour figurer, pour évoquer, pour suggérer ou pour… déconcerter et susciter la réflexion), on serait bien en peine de dire en une phrase, et même en dix, ce qu’est la poésie. On disposait autrefois d’une définition commode puisque c’était l'”art d’écrire des vers”. Pourvu que ce soit en vers, on pouvait écrire des textes sur des sujets prosaïques, ou même enjoliver un récit historique, ainsi que le fit Voltaire, et leur statut de “poèmes” était implicitement ou explicitement justifié.  Au dix-neuvième siècle, l’idée vint à d’éminents poètes de décréter que la forme passait bien après le fond et que la prose était tout aussi bien habilitée à produire ou susciter de la poésie que les vers (lesquels tendirent promptement et devenir “libres”, c’est-à-dire dispensés de respecter les règles formelles de la “forme fixe”.  Insensiblement, on finit par s’aviser du fait que telle séquence de prose pouvait fort bien produire un “effet de poésie” au moins aussi avéré et puissant que tel autre texte, en vers ou en prose, délibérément écrit et désigné comme “poème”. Le sous-genre “poème en prose” devint même une “forme” dominante chez Michaux, Ponge, Char, Eluard, Follain par exemple, et quantité d’autres.  Des lors, on en vint à identifier comme indubitablement “poétiques” des passages narratifs ou descriptifs de Rousseau, de Châteaubriant, de Proust, de Gracq, de Michon, de Bergounioux. Et l’on voit mal ce qui pourrait s’opposer à cette naturalisation de prosateurs en poètes, le fussent-ils…par intermitence. Quand ils le sont du moins est-ce d’une façon et à un niveau tel qu’ils surpassent en densité poétique la plupart des poètes auto-déclarés.  Cela laisse donc en suspens la question, au demeurant subsidiaire et même superfétatoire : “qu’est-ce que la poésie?” J’ai déjà édité des textes de mon ami Gil Jouanard sur ce blog, notamment celui-ci (“Entre identité et appartenance”)

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Commentaires (1)

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    Raynal

    |

    C’est cet espèce de fluide qui vous met en communication avec une autre dimension des choses et de la vie plus belle et plus profonde. Rien ne peut l’expliquer car si elle devenait explicable elle perdrait aussitôt sa magie…elle est cette part de lumière, diffuse en nous et qui, a certains moments de grâce, se met fugacement a irradier…La preuve, sans doute, que nous sommes bien plus que ce que nous nous contentons d’être par paresse ou par résignation….Elle est peut être ce cadeau que Dieu nous a donné pour nous consoler de n’être que des hommes…..

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